La justice américaine extrade un ex-ministre mexicain pour qu’il soit jugé dans son pays

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Croquis d’audience représentant l’ex-ministre de la défense mexicain Salvador Cienfuegos lors de sa comparution au palais de justice de Brooklyn, à New York, le 18 novembre.

Coup de théâtre dans l’affaire de l’ancien ministre mexicain de la défense, Salvador Cienfuegos, arrêté mi-octobre aux Etats-Unis pour narcotrafic. Une juge américaine a entériné, mercredi 18 novembre, l’abandon des poursuites contre le général de 72 ans, qui avait mené de 2012 à 2018 la guerre contre les cartels de la drogue, précisant qu’il sera jugé au Mexique. Du jamais-vu dans la complexe coopération sécuritaire entre les deux voisins.

Escorté par des marshals américains, M. Cienfuegos a atterri, mercredi en fin d’après-midi à Toluca, ville située à une heure de route de Mexico. La veille, le département américain de la justice et le parquet mexicain avaient émis un communiqué commun révélant la demande faite à la juge de la Cour de New York, Carol Bagley Amon, de « retirer les charges pénales contre l’ex-ministre (…) pour qu’il soit poursuivi selon les lois mexicaines ».

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Une décision surprenante alors que M. Cienfuegos avait été arrêté, le 15 octobre, à l’aéroport de Los Angeles, par l’agence américaine antidrogue (DEA). Cette dernière l’accusait de narcotrafic et de blanchiment d’argent, entre 2015 et 2017, pour le compte du cartel H-2, héritier de l’organisation mafieuse des frères Beltran Leyva.

Succès diplomatique et politique pour « AMLO »

Mercredi, le ministre mexicain des affaires étrangères, Marcelo Ebrard, a détaillé à la presse ses échanges diplomatiques avec Washington, exprimant le « mécontentement » de Mexico qui n’avait pas été averti de cette arrestation. L’offense avait révélé la méfiance des autorités américaines envers les institutions mexicaines, infiltrées par les cartels. Le message de M. Ebrard a été clair : « Sans confiance envers nos institutions, impossible de poursuivre notre coopération sécuritaire. » L’avertissement visait notamment la poursuite des activités d’une cinquantaine d’agents de la DEA sur le sol mexicain.

Dans la foulée, le président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador (« AMLO »), a réaffirmé que « le Mexique n’est pas une colonie ou un protectorat [américain] (…), mais un pays indépendant et souverain ». Il s’est ensuite félicité du revirement de Washington, un « signe de confiance ». La DEA a ainsi transmis, le 30 octobre, aux autorités mexicaines le dossier de 743 pages incriminant M. Cienfuegos. Douze jours plus tard, le parquet mexicain a reçu les éléments de preuves pour ouvrir une enquête. Selon la justice américaine, devant laquelle l’ex-ministre s’est déclaré innocent, ces preuves sont constituées en grande partie d’enregistrements téléphoniques et de messages entre le général et des membres du cartel H-2, recueillis à son insu au Mexique par la DEA.

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