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De la moiteur de Beyrouth à la chaleur suffocante de Bagdad. Après sa visite très dense au Liban, Emmanuel Macron a prolongé son voyage d’une journée en Irak, mercredi 2 septembre. Les deux pays sur son itinéraire présentaient quelques similitudes : un caractère multiconfessionnel, un Etat chancelant et une énorme difficulté à exercer leur propre souveraineté en raison des influences extérieures, en particulier iranienne, et des divisions internes.
La France souhaite accompagner les efforts du nouveau gouvernement, dirigé par Mustafa Al-Kadhimi, qui a émergé en mai et se trouve confronté à des défis immenses, dans une atmosphère de contestation populaire. La forme de la proposition française demeure incertaine. « Les Irakiens ne souhaitent pas qu’on lance une initiative maintenant, souligne une source diplomatique française, parce qu’elle nécessite des préparations entre forces politiques irakiennes, avec les Américains, les Iraniens… » Plus que tout, le gouvernement irakien ne veut pas que le pays se transforme en champ d’affrontement, surtout militaire, entre les Etats-Unis et l’Iran, comme l’a fait craindre l’assassinat ciblé du puissant général iranien Ghassem Soleimani dans une frappe américaine, en janvier.
Emmanuel Macron a été reçu par le président irakien, Barham Saleh. Puis il s’est entretenu avec le premier ministre. Dans l’après-midi, le chef de l’Etat a vu le président de la région du Kurdistan irakien, Netchirvan Barzani. De la capitale, le président français n’aura rien aperçu, si ce n’est les palais marbrés du pouvoir aux décors démesurés, situés dans la zone verte, ces forteresses transformées en bunkers, défendues par une quantité innombrable de forces de sécurité.
Nécessité d’une meilleure coordination
Emmanuel Macron est venu en Irak pour prendre date, avant une possible nouvelle visite en 2021, dans un double contexte : le retrait militaire partiel des Etats-Unis, qui prévoient de réduire leurs troupes de 5 200 à 3 500 hommes, dans un calendrier non précisé, et l’avènement d’un gouvernement après des mois de palabres. Les bonnes intentions de Mustafa Al-Kadhimi sont saluées. A la surprise de la délégation française, il a même souhaité relancer le projet d’un nucléaire civil irakien, sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique : « J’ai invité le premier ministre à se rendre à Paris d’ici un mois », a annoncé Emmanuel Macron.
Contrairement à son prédécesseur Adel Abdel-Mahdi, le premier ministre, qui s’est rendu à Washington fin août, semble aborder de front la question des milices chiites pro-iraniennes, plus précisément les Brigades du Hezbollah, et leurs attaques contre les forces américaines. L’heure serait, selon Paris, à une nouvelle phase dans l’histoire récente du pays, après le temps de la guerre, provoquée par l’intervention américaine, puis celui de la lutte harassante contre l’organisation Etat islamique (EI). Mais la menace djihadiste demeure, et les milices chiites montrent régulièrement leurs capacités d’attaque. Le dirigeant français a rappelé à ce sujet le « contexte régional extraordinairement tendu, avec une présence et une influence très fortes de l’Iran, et également des incursions répétées et une volonté pressante, encore accrue, de la Turquie d’intervenir davantage dans la vie domestique irakienne ».
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