la France et l’Allemagne se taillent la part de lion

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Les vingt-huit chefs d’Etat et de gouvernement se sont mis d’accord pour nommer l’Allemande Ursula von der Leyen à la tête de la Commission ; la Française Christine Lagarde hérite de la Banque centrale européenne.

Par et Publié le 03 juillet 2019 à 00h29

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Emmanuel Macron et Angela Merkel, à Bruxelles, le 30 juin.
Emmanuel Macron et Angela Merkel, à Bruxelles, le 30 juin. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR LE MONDE

L’accouchement fut relativement long, et douloureux. Mais au terme de ce quatrième sommet en l’espace d’un mois, le résultat est plutôt rafraîchissant : pour la première fois de sa courte histoire, l’Union européenne (UE) devrait nommer deux femmes aux postes de pouvoir majeurs : la Commission et la Banque centrale (BCE).

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Ursula von der Leyen, 60 ans, l’actuelle ministre allemande de la défense, devrait remplacer le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission à la fin octobre.

Elle est née à Bruxelles dans une grande famille aristocratique, parle parfaitement le français et fut également ministre fédérale de la famille, puis des affaires sociales du gouvernement Merkel. Mère de sept enfants, fille du ministre-président de Basse-Saxe Ernst Albrecht, elle est considérée comme une conservatrice modérée.

Ursula von der Leyen, l’actuelle ministre allemande de la défense, a été nommée à la tête de la Commission européenne, le 1er juillet.
Ursula von der Leyen, l’actuelle ministre allemande de la défense, a été nommée à la tête de la Commission européenne, le 1er juillet. SWEN PFORTNER / AFP

C’est Emmanuel Macron, qui, lundi 1er juillet, a proposé son nom à la chancelière, pour tenter de sortir les négociations de l’ornière, ressuscitant une idée évoquée il y a un an, lors d’une discussion informelle entre les deux dirigeants. Pendant presque dix-neuf heures, les Vingt-Huit s’étaient écharpés sur l’idée de nommer le socialiste néerlandais Frans Timmermans à la Commission. En vain, une dizaine de pays, Italie et Pologne en tête, refusant ce schéma.

Un changement considérable pour l’UE

La France a aussi poussé, ces derniers jours, la candidature de Christine Lagarde pour la présidence de la BCE. Avec succès : l’actuelle directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) devrait remplacer l’Italien Mario Draghi à la fin octobre.

Angela Merkel apprécie depuis longtemps l’ancienne ministre des finances de Nicolas Sarkozy qui, sur Twitter, s’est dite « très honorée » d’avoir été choisie et a annoncé qu’elle quittait « provisoirement » le FMI. Christine Lagarde « a toutes les compétences et qualités pour diriger la BCE » a affirmé M. Macron, balayant les critiques sur le profil de l’intéressée, qui n’a jamais dirigé une banque centrale.

Christine Lagarde, actuellement à la tête du Fonds monétaire international, a été choisie pour diriger la Banque centrale européenne.
Christine Lagarde, actuellement à la tête du Fonds monétaire international, a été choisie pour diriger la Banque centrale européenne. MANDEL NGAN / AFP

Le fait de nommer deux femmes à des postes aussi stratégiques représente, au moins symboliquement, un changement considérable pour l’UE. « Nos sociétés sont paritaires, l’accès aux postes de responsabilité doit l’être également », s’est félicité le président français, Angela Merkel se réjouissant aussi de cette première.

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