La folle semaine où les réseaux sociaux ont lâché Donald Trump

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Publié aujourd’hui à 05h17, mis à jour à 05h54

Après des années d’une présence continue et massive sur Twitter, Facebook, YouTube, qui a construit en partie sa carrière politique et largement contribué à son accession à la présidence des Etats-Unis, Donald Trump a vu en quelques jours ses principaux comptes fermés les uns après les autres. Les violences survenues à Washington, dans un contexte où il continuait à affirmer à tort que sa défaite à l’élection présidentielle face à Joe Biden résultait d’une manipulation, ont précipité la fin d’une influence numérique parmi les plus scrutées au monde.

La Silicon Valley a finalement décidé, après des années de débats, qu’il n’était plus possible de laisser à Donald Trump ses principaux canaux d’expression. Voici comment.

  • Mercredi 6 janvier : le tweet de trop

En fin d’après-midi, @realdonaldtrump ne répond plus. Alors que les images de l’invasion du Capitole de Washington par des manifestants pro-Trump tournent en boucle sur les chaînes d’information du monde entier, le président des Etats-Unis est étrangement silencieux. Quelques heures plus tôt, il appelait directement ses soutiens, lors d’un discours, à marcher sur le Congrès, où la victoire de Joe Biden devait être officialisée.

Des partisans de Donald Trump au Capitole, siège du Congrès, le 6 janvier 2021.

Après avoir publié une série de tweets rageurs, alors que la situation au Capitole était déjà en train de dégénérer, le compte du président s’est tu : Twitter l’a gelé temporairement. Le compte n’est pas supprimé, mais Donald Trump n’y a plus accès pendant douze heures et a l’obligation de supprimer trois messages.

C’est la première fois dans l’histoire de la plate-forme qu’un président en exercice est suspendu temporairement de Twitter. Cet événement s’ajoute à une longue liste de premières pour Donald Trump : il fut le premier président à voir ses messages masqués, le premier président à voir ses tweets accompagnés d’avertissements, le premier président à avoir menacé un autre pays d’une guerre nucléaire par Twitter – quand il insultait le dictateur nord-coréen Kim Jong-un…

Dans la foulée, Donald Trump devient aussi le premier dirigeant en exercice à voir son compte Facebook suspendu : le PDG du réseau social, Mark Zuckerberg, annonce à son tour, après les émeutes du Capitole, que la page de Donald Trump serait bloquée jusqu’à la passation de pouvoir. Il dit regretter que le président ait choisi de « justifier plutôt que condamner » les violences de ses partisans.

Lire sur le sujet : « Trop, c’est trop » : l’heure de vérité pour Twitter, Facebook et YouTube face aux comptes de Donald Trump
  • Jeudi 7 janvier : le « complot antifa »

Chez les soutiens de Donald Trump, la cause est entendue : la « big tech », déjà suspectée d’être outrageusement prodémocrate, a censuré le président républicain, voire a trahi la nation en bloquant ses comptes Twitter et Facebook. Pour ses soutiens les plus extrémistes, une sordide conspiration l’empêche désormais de s’exprimer, après avoir truqué les élections en la faveur des démocrates.

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