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Le verdict, attendu à l’automne, risque de compliquer encore la vie politique espagnole.
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Après quatre mois d’audiences, 52 sessions et plus de 420 témoins appelés à la barre, le procès marathon des douze dirigeants indépendantistes catalans accusés d’avoir mené une tentative de sécession en octobre 2017 s’est achevé mercredi 12 juin, devant la Cour suprême de Madrid.
Le verdict, politiquement très sensible, devrait se faire attendre plusieurs mois, de quoi prolonger encore la longue, et controversée, détention préventive des accusés. Le tribunal, formé de sept juges, doit à présent délibérer d’autant plus soigneusement que la plupart des accusés ont déjà annoncé que, en cas de condamnation, ils déposeraient un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg.
« Renvoyer la question sur le terrain politique »
La fin du procès survient alors que la question catalane continue de bloquer la vie politique espagnole, au point de compliquer la formation du prochain gouvernement du socialiste Pedro Sanchez. « Le mieux pour tous – pour la Catalogne, pour l’Espagne et pour l’Europe – serait de renvoyer la question sur le terrain politique, d’où elle n’aurait jamais dû sortir », a lancé, pour clore sa défense, le chef du parti de la Gauche républicaine de Catalogne et ex-vice-président du gouvernement catalan, Oriol Junqueras, qui risque vingt-cinq ans de prison pour « rébellion ». Quant au chef de gouvernement catalan, l’indépendantiste Quim Torra, il martèle un jour sur deux son intention de « rendre effective la République », sans dire comment.
Cette pression politique et sociale pourrait-elle peser sur la décision des juges ? « J’espère que votre verdict fera partie de la résolution et non pas de l’aggravation de la situation dans laquelle nous nous sommes mis », a affirmé à la barre l’ancien conseiller catalan à la culture Santi Vila.La plupart des autres accusés ont montré leur détermination à poursuivre quoi qu’il arrive la lutte indépendantiste. « Il n’y a pas de prisons assez grandes pour enfermer le désir de liberté d’un peuple », a dit l’ancien conseiller au territoire Josep Rull.
Chef d’accusation controversé
De manière générale, les positions des différentes parties n’ont guère varié ces derniers mois. Le parquet a maintenu le chef d’accusation, controversé, de « rébellion », passible de très lourdes peines et utilisé une seule fois en quarante ans de démocratie, pour punir la tentative de coup d’Etat militaire du colonel Tejero, en 1981. L’avocate de l’Etat a maintenu ceux de « sédition » et de détournement de fonds publics, deux délits moins graves.
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