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La réserve fédérale américaine table sur une récession de 6,5 % du produit intérieur brut en 2020 et sur un chômage frappant 9,3 % de la population active, en raison du choc économique provoqué par l’épidémie de Covid-19. L’institution présidée par Jerome Powell prévoit un rebond de 5 % de l’activité en 2021 mais aussi un chômage élevé pour les Etats-Unis, de 6,5 % en 2021 et 5,5 % en 2022, bien supérieurs aux 3,5 % d’avant crise. Dans ces conditions, la banque, dont le mandat est de lutter contre l’inflation et d’avoir un niveau d’emploi maximal, ne prévoit pas de remonter ses taux avant la fin 2022, selon les projectifs de ses membres.
La surprise de 2,5 millions d’emplois créés
Le loyer de l’argent avait été descendu à zéro en mars, au début de la pandémie (les taux directeurs à court terme de la Fed sont compris entre 0 et 0,25 %), la banque continue de soutenir massivement l’économie en achetant des titres financiers, mais elle n’entend pas faire de révolution pour l’instant. « On est au bon endroit pour l’instant », a estimé M. Powell. Il a qualifié les chiffres du chômage de mai d’une des plus grandes surprises qui soit : ces chiffres ont enregistré à la surprise générale la création de 2,5 millions d’emplois et un taux de chômage limité à 13,3 %. Toutefois, près de 20 millions d’emplois ont disparu depuis le début de la crise et M. Powell a rappelé que le chômage pris au sens le plus large, en incluant ceux qui restent chez eux même s’ils n’ont pas été officiellement licenciés, avait triplé passant de 7 à 21 %. Les prix à la consommation ont reculé en mai de 0,1 %, un recul pour le troisième mois consécutif (0,8 en avril et 0,4 en mars), ce qui permet toute liberté devant l’absence de hausse des prix.
De nouveau, ce sont le prix des actifs qui s’envolent. Mais le président de la Fed, comme à son habitude, s’est refusé à commenter le niveau des marchés financiers, alors que le Nasdaq, l’indice riche en technologies, a battu ses records historiques et franchi la barre des 10 000 points pour la première fois. Depuis le début de l’année, il a progressé de 11,7 % tandis que le Standard & Poors 500, qui reflète les grandes entreprises, ne perd plus que 1,2 %. Le symbole de cette envolée est l’action Tesla, qui a franchi le cap des 1 000 dollars, trois fois plus que mi-mars. James Gorman, le patron de la banque Morgan Stanley, a estimé que « le pire est derrière nous », en ce qui concerne l’emploi et la croissance.
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