La dissuasion française à l’heure européenne

0
124

[ad_1]

Editorial du « Monde ». Le discours présidentiel sur la stratégie de défense française et la dissuasion nucléaire est un rite de la Ve République ; celui d’Emmanuel Macron, vendredi 7 février, devant l’Ecole de guerre, était particulièrement attendu, tant ce président s’est positionné sur la sécurité et la souveraineté de l’Europe – au risque souvent de heurter, par son empressement, ses partenaires occidentaux.

Le chef de l’Etat n’a pas déçu. Il a livré un nouveau et substantiel plaidoyer pour la prise en charge par les Européens de leurs propres intérêts de sécurité, face à un ordre international bouleversé, a-t-il relevé, par une triple rupture : stratégique, politico-juridique et technologique.

Mais, si M. Macron a surpris cette fois, c’est par sa retenue. Trois mois après sa retentissante interview à The Economist, dans laquelle il a été accusé d’avoir fragilisé l’Alliance atlantique, il a pris soin, vendredi, de rassurer les Européens sur sa « fidélité aux engagements » dans l’OTAN. C’est un message fort qui a été ainsi adressé sur la nécessité de renforcer l’Europe de la défense, « ce pilier européen au sein de l’OTAN ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Armement nucléaire : Emmanuel Macron appelle l’Union européenne à « un sursaut »

Sur la force de frappe française proprement dite, le président s’est inscrit dans la continuité doctrinale de ses prédécesseurs. Mais, là aussi, les profondes modifications des équilibres mondiaux l’ont amené à lancer deux appels. Le premier concerne, à défaut de désarmement multilatéral, la relance d’un processus de maîtrise des armements pour pallier l’effondrement du régime des dernières décennies, dominé par les accords soviéto-américains ; M. Macron souhaite que l’Europe, au lieu de le subir, soit partie prenante dans ce futur régime, qui devra tenir compte notamment de la protection des Etats d’Europe centrale et du Nord.

La seconde initiative est un appel à un « dialogue stratégique » avec les partenaires européens de la France, désormais seule puissance nucléaire de l’UE après le départ du Royaume-Uni, sur le rôle que peut jouer la force de dissuasion française dans leur sécurité collective. Le chef de l’Etat s’est bien gardé ici de proposer d’étendre la garantie nucléaire tricolore aux autres pays du continent et de forcer le débat sur ce sujet hautement sensible. Mais les forces nucléaires françaises, a insisté M. Macron, « renforcent la sécurité de l’Europe par leur existence même et ont à cet égard une dimension authentiquement européenne ».

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: