La diplomatie palestinienne dans l’impasse

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Le président de l’Autorité paslestinienne Mahmoud Abbas lors d’une réunion avec les dirigeants palestiniens, à Ramallah, le 18 août 2020, quelques jours après l’annonce par les Emirats arabes unis de l’accord de « normalisation »  avec Israël.

Est-ce une digue ou une tombe, que Mahmoud Abbas cimente inlassablement ? Le président de l’Autorité palestinienne (AP) entend répondre, jeudi 3 septembre, lors d’une réunion solennelle de toutes les factions palestiniennes, aux efforts menés par Washington pour rapprocher Israël et les monarchies arabes du Golfe.

Cette réunion doit se dérouler par vidéoconférence entre Ramallah et Beyrouth, en présence du chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh. Une rare démonstration d’unité, qui paraît pour l’heure bien formelle : en dépit de leurs déclarations, le mouvement islamiste et le Fatah de M. Abbas n’ont pas su resserrer ces derniers mois l’abîme qui les sépare.

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Pour M. Abbas, 84 ans, c’est l’occasion d’un énième rappel des fondamentaux : refus de l’accord de « normalisation » annoncé le 13 août par les Emirats arabes unis avec Israël. Refus d’un dialogue avec l’administration Trump sur la base de son « plan de paix », dévoilé en janvier. Patience jusqu’aux élections américaines, prévues en novembre. Rappel de la centralité de la question palestinienne pour l’avenir du Proche-Orient et défense d’une « solution à deux Etats », selon des termes immuables depuis dix ans.

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Aveu d’isolement

Un tel appel relève de l’incantation, à l’heure où le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, se félicite d’avoir conclu « la paix pour la paix » avec une monarchie arabe, sans aucune concession « sur la terre » en Cisjordanie occupée. Pour Ramallah, c’est d’abord un aveu d’isolement et d’échec diplomatique.

Depuis lundi, la presse israélienne s’émerveille des premiers signes tangibles de rapprochement avec le Golfe : premier accueil d’une délégation israélo-américaine, partie à bord du vol El-Al 971 pour Abou Dhabi, le 31 août. Autorisation accordée mercredi par les autorités saoudiennes, pour que des avions israéliens survolent à l’avenir leur territoire en se rendant aux Emirats. Mais les responsables palestiniens demeurent discrets.

« Les Saoudiens leur ont conseillé de modérer leur réponse : il est dans leur intérêt de ne pas perdre les autres pays de la région », note sèchement un diplomate arabe. A peine le premier ministre, Mohammed Shtayyeh, a-t-il rappelé lundi qu’il lui était « pénible de voir atterrir un avion israélien aux Emirats (…) dans une violation flagrante de la position arabe sur le conflit israélo-arabe », qui conditionne depuis 2002 toute reconnaissance d’Israël à la création d’un Etat palestinien sur les territoires de 1967, débarrassé des Colonies, avec Jérusalem-Est pour capitale.

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