la décrue commence à se dessiner dans les hôpitaux italiens

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A Milan (Italie), le 6 avril 2020.
A Milan (Italie), le 6 avril 2020. Daniele Mascolo / REUTERS

Bien sûr, la situation reste catastrophique et l’épidémie de Covid-19 continue à faire des ravages dans les plaines du Pô, principalement en Lombardie. Avec 16 500 victimes et des milliers de morts invisibles, non comptabilisés faute d’avoir été pris en charge par le système hospitalier, le Covid-19 provoque une véritable hécatombe dans le nord de l’Italie, dont l’ampleur réelle ne pourra être appréhendée qu’au sortir de la crise.

Cependant, depuis quelques jours, et de façon insistante, les bilans quotidiens de la protection civile italienne donnent enfin quelques raisons d’espérer. Lentement mais sûrement, une tendance à la décrue se dessine, après deux semaines terribles. Dimanche 5 avril, le bilan quotidien des hôpitaux italiens faisait état de 525 morts, soit le total le plus faible depuis le 19 mars, et si, le lendemain, le chiffre est reparti à la hausse (636 décès), il reste sensiblement inférieur au plus haut de l’épidémie (969 victimes comptabilisées en 24 heures le 27 mars).

Pris isolément, ces chiffres ne suffiraient pas à dessiner les contours d’un véritable commencement de détente. Mais dans le détail, d’autres indicateurs semblent enfin s’améliorer. Ainsi du nombre de patients en soins intensifs, qui n’avait jamais véritablement baissé depuis le début de la crise et a commencé une très légère décrue (170 patients de moins en trois jours), laissant espérer une tension un peu moindre dans les salles de réanimation. Ou, mieux encore, le nombre de nouveaux cas diagnostiqués (3 599, selon le bilan du 6 avril), qui n’a jamais été aussi bas depuis trois semaines et avait atteint un pic de 6 500 cas le 21 mars, avec un nombre inférieur de tests réalisés.

« Alléger maintenant les règles serait irresponsable »

Un mois après le confinement du nord du pays, suivi de la progressive mise en place du même dispositif sur l’ensemble du territoire national, les effets des mesures décidées par le gouvernement Conte commencent enfin à se traduire dans les courbes statistiques. Dans les zones les plus durement touchées par l’épidémie (la Lombardie et les provinces avoisinantes d’Emilie-Romagne, du Piémont et de Ligurie), le système hospitalier continue à souffrir d’un engorgement tel que les hôpitaux, obligés de se concentrer sur les cas graves, déplorent une mortalité particulièrement élevée. Alors que les informations les plus terribles provenaient de l’est de la Lombardie (provinces de Bergame et de Brescia), c’est désormais la ville de Milan elle-même qui inquiète le plus : depuis le 1er avril, les services de l’état civil de la commune y recensent plus de 100 morts par jour, soit le triple de la mortalité habituelle.

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