la communauté asiatique « en état de siège »

0
50

[ad_1]

Dès que l’épidémie de Covid-19 s’est répandue hors de Chine, en février 2020, le professeur Russell Jeung s’est douté de ce qui attendait la communauté asiatique aux Etats-Unis. Doyen du département d’études américano-asiatiques à l’université de San Francisco, il a ouvert un site pour recueillir les témoignages des victimes d’incidents racistes : Stop AAPI Hate (AAPI ou Asian Americans and Pacific Islanders, terme qui désigne la communauté des Américains d’origine asiatique et du Pacifique). Le déferlement de récits l’a « horrifié ». Insultes, menaces, harcèlement. « On a dû créer une catégorie spéciale pour les gens qui avaient essuyé des crachats ou des toux intentionnelles », raconte-t-il.

Ce que l’universitaire n’avait pas prévu – mais « c’était tristement inévitable », dit-il –, c’est que la haine irait jusqu’à tuer. A Oakland, San Francisco, New York, des octogénaires ont été victimes d’attaques en pleine rue. A Atlanta, six femmes – quatre d’origine coréenne, deux d’origine chinoise – ont été tuées le 16 mars par un jeune de 21 ans qui s’en est pris à trois salons de massage asiatiques. L’émotion a été intense, mais les agressions n’ont pas cessé pour autant.

Hyang Ran Kim, d’origine sud-coréenne, dans son appartement à Los Angeles, le 25 mars 2021. Kim a temporairement emménagé chez sa fille dans un quartier calme de la banlieue d’Orange County. celle-ci était trop inquiète pour sa sécurité face à la montée des crimes haineux anti-asiatiques.

Attaques au couteau

Le 2 mai, en plein Manhattan, une femme a frappé une jeune Asiatique à coups de marteau après lui avoir demandé d’enlever son masque. Le 4 mai, à San Francisco, Chui Fong Eng, 84 ans, a été attaquée au couteau à un arrêt de bus sur Market Street, et elle a eu le poumon perforé. L’assaillant, Patrick Thompson, 54 ans, a été arrêté : il était en liberté conditionnelle après un traitement pour maladie mentale consécutif à une agression aux ciseaux dans un foyer pour sans-abri.

Lire aussi Etats-Unis : trois fusillades dans des salons de massage à Atlanta et ses environs font huit morts

Les Américains d’origine asiatique ont connu d’autres périodes sombres. Dans les années 1980, le ressentiment contre l’automobile japonaise a coûté la vie au technicien chinois Vincent Chin, battu à mort en juin 1982 près de Detroit (Michigan) par un contremaître de Chrysler et un ouvrier licencié. En 1992, les émeutes de Los Angeles, après l’acquittement des policiers responsables du tabassage de Rodney King, ont laissé plus de 2 200 échoppes coréennes pillées et incendiées. La mémoire collective est émaillée de références historiques douloureuses : la loi de 1882 d’exclusion des Chinois (Chinese Exclusion Act) ; l’internement de 120 000 Japonais et d’Américains d’origine japonaise, en 1942, après Pearl Harbor. Même le Titanic en 1912 n’a pas souffert d’exception. Six des survivants étaient chinois. Quand ils sont arrivés à New York, ils ont été expulsés.

Il vous reste 75.53% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: