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La commission nationale des droits de l’homme en Grèce (GNCHR) a appelé vendredi 24 janvier à « mettre fin rapidement au confinement des demandeurs d’asile » entassés dans des camps sur les îles, une situation qui, selon elle, viole les droits de l’homme et entrave la procédure d’asile. « Mettre fin rapidement au confinement des demandeurs d’asile est une nécessité absolue, non seulement pour des raisons de respect des droits fondamentaux et de paix sociale mais aussi pour que la gestion du système de protection internationale soit opérationnelle », déclare dans un communiqué cet organe consultatif du gouvernement.
Cet appel intervient à la suite d’une visite d’une délégation de la GNCHR dans le camp de l’île de Samos où vivent 7 200 personnes pour 648 places. Au total, plus de 40 000 demandeurs d’asile vivent dans des camps insalubres situés sur cinq îles de la mer Egée et d’une capacité de seulement 6 200 places.
« La GNCHR a constaté que la situation de l’accueil et des conditions de vie des demandeurs de protection internationale dans le camp de Samos et aux alentours est incontrôlable et porte atteinte à la dignité humaine. »
La majorité des demandeurs d’asile sont contraints de rester sur les îles en vertu d’un pacte signé entre l’Union européenne et la Turquie en mars 2016 visant à freiner le flux vers l’Europe. Le gouvernement grec avait promis en septembre dernier de transférer 20 000 personnes vulnérables en Grèce continentale. Mais le manque de logements n’a pas permis l’exécution de ce plan.
De nombreuses ONG et le Haut-commissariat des réfugiés des Nations unies ont tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises contre les conditions « extrêmement préoccupantes et inadaptées » dans les camps sur les îles.
Des enfants malades sous des tentes
La section grecque de l’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a également appelé jeudi le gouvernement à « mettre un terme au confinement des demandeurs d’asile qui vivent dans des conditions inhumaines » dans le camp de Moria sur l’île de Lesbos. Au moins « 140 enfants souffrent de maladies sérieuses et ont besoin de soins médicaux », a averti cette ONG dans un communiqué.
« Nous voyons de nombreux enfants souffrant de maladies chroniques telles que le diabète, l’asthme ou de complications cardiaques, être contraints de vivre sous des tentes dans des conditions insalubres, sans accès ni à des soins médicaux adaptés ni à des traitements dont ils auraient pourtant besoin », a déclaré Dr Hilde Vochten, coordinatrice médicale de MSF en Grèce, en ajoutant :
« MSF est en discussion avec les autorités grecques afin de transférer ces enfants vers le continent pour des soins médicaux urgents, mais en attendant, bien que certains aient déjà été examinés, aucun n’a encore quitté l’île. La réticence du gouvernement à trouver une solution rapide et systémique pour ces enfants, dont certains sont des nourrissons, est scandaleuse. Cela nuit à leur santé et peut entraîner de graves conséquences ».
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