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Après avoir perdu la confiance d’un partenaire de sa coalition, le premier ministre finlandais, Antti Rinne, a démissionné mardi 3 décembre. A la tête depuis juin d’une coalition de centre-gauche constituée de cinq partis, le social-démocrate (SDP) M. Rinne a présenté sa démission au président finlandais, Sauli Niinistö, en fin de matinée à Helsinki sous la pression du Parti centriste.
Les différents partis membres de la coalition devront faire savoir dans les prochains jours s’ils souhaitent la sauver ou la saborder, auquel cas de nouvelles élections seront convoquées. Le SDP est, pour le moment, chargé de désigner un candidat pour succéder au premier ministre démissionnaire et former un nouveau gouvernement. Sanna Marin, vice-présidente du parti et ministre des transports, a déjà fait savoir qu’elle y était disposée.
Mouvement social très suivi
La crise est partie du projet de la Poste finlandaise, entreprise à capitaux publics, de faire passer environ 700 salariés sous une nouvelle convention collective, moins favorable, au nom de la compétitivité. En novembre, les syndicats avaient lancé un appel à la grève, très suivi, et bénéficiant du soutien de salariés d’autres secteurs économiques qui ont cessé le travail par solidarité, comme le permet le droit finlandais.
Alors que les syndicats exigeaient de savoir si l’Etat actionnaire a approuvé la réforme de la Poste, le chef du gouvernement avait répondu par la négative, avant que le président du conseil d’administration de la Poste ne lui apporte un démenti public cinglant. Antti Rinne avait alors fait sauter un fusible en annonçant la démission de sa ministre chargée des participations de l’Etat, Sirpa Paatero, mais plusieurs partis de la coalition gouvernementale réclamaient depuis plusieurs jours un vote de confiance au Parlement. Celui-ci n’aura finalement pas lieu, le premier ministre ayant démissionné avant.
Pour la politologue Sini Korpinen, aucune des formations actuellement au pouvoir n’a intérêt à faire tomber la coalition, en particulier le Parti centriste « qui ne veut pas de nouvelles législatives, parce qu’il risque de faire moins bien » qu’aux dernières élections. « L’hypothèse la plus probable, c’est qu’ils continuent comme avant », quitte à changer quelques ministres.
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