La Chine se pose en partenaire incontournable, et intéressé, de la Birmanie

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Le président chinois Xi Jinping et la chef du gouvernement Aung San Suu Kyi Myanmar à Naypyitaw (Birmanie), le 18 janvier 2020.
Le président chinois Xi Jinping et la chef du gouvernement Aung San Suu Kyi Myanmar à Naypyitaw (Birmanie), le 18 janvier 2020. Nyein Chan Naing / AP

Mise au ban des nations par les Occidentaux depuis la répression des Rohingya en 2017, qualifiée de « génocide » par l’ONU, la Birmanie peut compter sur un allié de poids : la Chine. Alors que la Cour internationale de justice de La Haye doit se prononcer, jeudi 23 janvier, sur des « mesures d’urgence » à prendre contre la Birmanie, le président Xi Jinping a effectué dans ce pays une visite de deux jours, les 17 et 18 janvier, la première pour un chef d’Etat chinois depuis 2001. Dès son arrivée, il a évoqué « l’injustice et l’iniquité dans les relations internationales ».

Etonnamment, la Chine a semblé attacher davantage d’importance à cette visite – d’ailleurs annoncée par Pékin – que les autorités birmanes elles-mêmes. Durant une semaine, la presse chinoise a multiplié les articles en première page pour insister sur l’importance de la coopération bilatérale, donnant l’impression parfois de vouloir forcer la main aux Birmans.

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La Chine entend non seulement se poser comme le principal partenaire de ce pays également voisin de l’Inde, mais aussi y réaliser des infrastructures qui lui permettront d’être directement reliée à l’océan Indien en contournant le détroit de Malacca. Ce corridor économique, qualifié de « priorité parmi les priorités » par Xi Jinping, vendredi 17 janvier, est une pièce importante des « nouvelles routes de la soie », ce gigantesque programme d’investissement international lancé par Xi Jinping en 2013. En Birmanie, il comporte notamment la création d’une immense zone industrielle et d’un port en eau profonde à Kyaukpyu, dans l’Etat de Rakhine (ouest), là où étaient établis les Rohingya.

Corridor économique

Durant cette visite, Xi Jinping et la chef du gouvernement de facto Aung San Suu Kyi ont paraphé 33 accords. Le détail n’a pas été révélé, mais certains concernent Kyaukpyu et la ligne de chemin de fer qui devrait relier ce port au Yunnan, dans le sud-ouest de la Chine. Un pipeline et un gazoduc y sont d’ores et déjà construits, acheminant du gaz et du pétrole à la Chine.

En revanche, il semble qu’il n’ait plus été question du gigantesque barrage de Myitsone, qui devait être construit dans le nord du pays, mais qui est à l’arrêt depuis 2011, après l’opposition de Birmans mécontents de découvrir qu’une grande partie de l’électricité produite par cet ouvrage qui allait causer d’importants dommages écologiques était destinée à la Chine. Samedi 18 janvier, quelques dizaines de personnes ont à nouveau manifesté contre ce projet.

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