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Contrairement aux Européens et à plusieurs pays asiatiques, la Chine n’a pas félicité Joe Biden dès l’annonce de sa victoire. Xi Jinping, qui avait téléphoné à Donald Trump dès le lendemain de son élection, en 2016, n’a pas fait de même avec son successeur. On cherche en vain dans le Quotidien du peuple en chinois, lundi 9 novembre, la moindre référence aux Etats-Unis. « Nous avons relevé que M. Biden s’est déclaré vainqueur, nous comprenons que le résultat de l’élection présidentielle américaine sera déterminé selon les lois et procédures américaines », s’est contenté de déclarer un porte-parole du ministère des affaires étrangères lundi. Un éditorial du China Daily, quotidien officiel en langue anglaise, estime sans nommer ni Trump ni Biden que « les relations [entre la Chine et les Etats-Unis] peuvent être réinitialisées, pour le meilleur ».
A la différence de Pékin, la présidente de Taïwan, Tsai Ing-wen a, elle, félicité Joe Biden dès samedi, en retweetant le Tweet que celui-ci lui avait adressé en janvier lorsqu’elle avait été réélue. Une façon de rappeler que, très soutenue par Donald Trump depuis quatre ans, Tsai Ing-wen avait aussi reçu l’appui des responsables démocrates. Taïwan devrait rester l’un des principaux contentieux entre Washington et Pékin ces prochaines années.
Quel que soit l’hôte de la Maison Blanche, les relations vont rester difficiles avec les Etats-Unis
Officiellement, peu importe le locataire de la Maison Blanche, la Chine, grâce à son timonier – nouveau surnom attribué au président Xi Jinping –, va-de-l’avant et rien ne pourra l’empêcher de rattraper, voire de dépasser, la première puissance mondiale dans les décennies à venir. Derrière cette confiance de façade se cache la conviction que, quel que soit l’hôte de la Maison Blanche, les relations vont rester difficiles avec les Etats-Unis. « La future administration Biden prendra sans doute une position encore plus dure sur Hongkong, Taïwan, le Xinjiang, la mer de Chine du Sud et d’autres questions sur les droits de l’homme », juge même Shi Yinhong, professeur de relations internationales à l’université du Peuple à Pékin et conseiller du gouvernement, dont les propos sont rapportés, lundi, par le South China Morning Post.
A la différence de Donald Trump lors de son arrivée au pouvoir, Joe Biden connaît la Chine. Il y a effectué son premier voyage en avril 1979, lorsqu’il n’était, selon son expression, qu’un « gamin du Sénat ». Le gamin ayant pris du galon, il y est retourné à l’été 2001, cette fois comme président du comité des affaires étrangères du Sénat. Une photo le montre, en bras de chemise, accoudé à une balustrade, discuter avec des dirigeants chinois, dont un Xi Jinping qui ne semble pas aussi détendu. La scène se déroule à Beidaihe, la station balnéaire préférée des dirigeants communistes. La Chine va faire son entrée quelques mois plus tard à l’Organisation mondiale du commerce. Joe Biden se félicite qu’elle devienne « une grande puissance » car, dit-il, « les grandes puissances adhèrent aux normes internationales dans le domaine de la prolifération, des droits de l’homme et du commerce ».
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