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Deux semaines après la mobilisation générale contre le coronavirus décrétée par Xi Jinping le 20 janvier, la « guerre contre le démon » est loin d’être gagnée. Bien au contraire. Avec 2 829 nouveaux cas annoncés lundi 3 février, portant à plus de 17 200 le total des personnes infectées en Chine, l’épidémie, qui a causé plus de 360 décès, ne cesse de progresser.
Une ville, Wenzhou, pourtant située à plus de 800 kilomètres à l’est de Wuhan, l’épicentre de l’épidémie, a été à son tour mise en quarantaine dimanche. Ses 9 millions d’habitants n’ont plus le droit de sortir de chez eux, à l’exception d’un membre de chaque famille tous les deux jours, pour se ravitailler.
Par ailleurs, le coronavirus a fait son premier mort à l’étranger : un résident de Wuhan, arrivé aux Philippines le 21 janvier, y est décédé dimanche 2 février. L’internationalisation de la crise, officialisée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le 30 janvier, amène la Chine à se battre sur un nouveau front depuis ce week-end : le terrain diplomatique.
Sous silence
Entre les voisins (Corée du Nord, Russie, Mongolie, Kazakhstan, Népal) qui ferment leurs frontières terrestres et des pays comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande et Israël qui, à la suite des Etats-Unis, interdisent depuis ce week-end l’entrée de leur territoire aux étrangers venant de Chine, ce pays a l’impression d’être lui-même placé en quarantaine. Les pays du G7 – dont Pékin n’est pas membre – ont en outre prévu de se concerter pour apporter une réponse coordonnée à la crise sanitaire.
« Il faudrait éviter les actions unilatérales comme les restrictions de voyager, car de telles mesures peuvent affecter les économies. » Dans le China Daily
En Chine, ces informations sont passées sous silence. Au contraire, c’est la solidarité internationale qui est mise en avant. A la fin du journal télévisé de 19 heures, dimanche, une présentatrice a lu, imperturbable, les communiqués de soutien, voire de félicitations venus du Laos, du Pakistan, d’Afrique du Sud, du Liban, d’Iran, d’Argentine, du Mexique et du Costa Rica. Ce journal télévisé qui, il y a encore deux semaines, ne consacrait que quelques minutes à l’épidémie, diffuse désormais d’innombrables reportages sur les vaillants soldats et personnels de santé, souvent membres du Parti communiste, présentés comme luttant sans relâche contre le coronavirus. Lundi 3 février, Le Quotidien du peuple, l’organe officiel du Parti communiste, consacre une audacieuse page à « la contribution importante de la Chine à la santé du monde ».
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