la Chine cible le parlement australien

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Les débats font rage en Australie autour de l’influence chinoise dans le monde politique.

Par Publié aujourd’hui à 19h03

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La députée libérale Gladys Liu, première Australienne d’origine chinoise à accéder à la Chambre des représentants, a dû s’expliquer sur des soupçons de liens avec des intérêts chinois.
La députée libérale Gladys Liu, première Australienne d’origine chinoise à accéder à la Chambre des représentants, a dû s’expliquer sur des soupçons de liens avec des intérêts chinois. Rod McGuirk / AP

Les services de renseignement australiens tiennent la Chine pour responsable d’une cyberattaque visant le parlement national et les trois partis principaux, selon des révélations publiées lundi 16 septembre par l’agence Reuters, citant cinq sources proches du dossier.

Canberra avait reconnu, en février dernier, juste avant les élections législatives du mois de mai, une incursion « sophistiquée » sur le réseau informatique du Parlement probablement imputable à un gouvernement étranger, tout en se gardant bien de le nommer. Le rapport de l’agence australienne du cyber renseignement (Australian Signals Directorate), évoqué par les sources de Reuters, recommandait alors de tenir les informations secrètes pour éviter de mettre à mal les relations avec Pékin, son premier partenaire commercial. Une des sources affirme toutefois que rien n’indique que les données collectées ont été utilisées pour interférer dans les élections australiennes.

« Était-ce de l’espionnage ou était-ce une opération d’influence ? L’écueil des incidents informatiques, c’est que des méthodes similaires utilisées pour de l’espionnage peuvent aussi bien être exploitées pour de l’influence politique », réagit Hervé Lemahieu, directeur du programme Pouvoir et diplomatie asiatique au Lowy Institute à Sydney. « Les indications pointent que les informations n’ont pas été utilisées pour de la manipulation politique et que l’attaque était vraisemblablement un cas de cyber espionnage. Des adversaires ont toujours espionné les parlements, depuis que les parlements existent », souligne-t-il.

Climat de suspicion

Le gouvernement australien, poursuit M. Lemahieu, a intensifié ses efforts au cours des dernières années pour faire face à l’influence croissante de la Chine dans le pays : « Les institutions démocratiques ont prouvé qu’elles étaient capables de reconnaître et de répondre à l’influence étrangère avant que cela s’avère une menace insurmontable. Dès 2017, Canberra a interdit les donations politiques issues de l’étranger et exigé que les lobbyistes notifient tous liens avec des gouvernements étrangers. Un an plus tard, le gouvernement a effectivement banni le géant des télécoms chinois Huawei du réseau naissant 5G », rappelle l’universitaire. « L’Australie a fait plus, en disant moins », résume-t-il.

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