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C’est un nouveau rebondissement dans le feuilleton, déjà passablement chaotique, de la succession d’Angela Merkel. Huit mois après le retrait surprise d’Annegret Kramp-Karrenbauer, sa « dauphine » à la tête de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti de la chancelière allemande a décidé de reporter le congrès qu’il devait tenir le 4 décembre à Stuttgart pour élire son nouveau président, autrement dit le probable candidat de la droite conservatrice (CDU-CSU) aux législatives de l’automne 2021.
Officiellement, c’est à cause de l’épidémie de Covid-19 que cette décision a été prise. « Vu la situation actuelle, tenir un congrès “en présentiel” n’est pas possible », a déclaré le secrétaire général de la CDU, Paul Ziemiak, lundi 26 octobre, lors d’une conférence de presse. Alors que Mme Merkel a récemment demandé à ses concitoyens de « rester à la maison autant que possible » afin de « réduire au maximum le nombre de [leurs] contacts », la direction de son propre parti ne se voyait pas donner le mauvais exemple en rassemblant dans un même lieu clos ses 1 001 délégués venus de toute l’Allemagne.
Hostilité assumée
Parmi les trois candidats à la présidence de la CDU, deux étaient favorables au report du congrès : Armin Laschet, le ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, et Norbert Röttgen, le président de la commission des affaires étrangères du Bundestag. En revanche, le troisième, l’homme d’affaires et ancien député Friedrich Merz, estimait que le maintien du congrès à la date prévue était possible à condition de l’organiser « sous forme numérique » et en faisant voter les délégués à distance.
Le rejet de sa proposition a suscité une très vive réaction de sa part. Selon M. Merz, soutenu par l’aile droite de la CDU, l’invocation de la situation sanitaire pour justifier le report du congrès cache en réalité une basse manœuvre politicienne visant à favoriser son principal concurrent, Armin Laschet, proche d’Angela Merkel et défenseur d’une ligne centriste. « Armin Laschet a besoin de temps pour renforcer ses positions. Or, aujourd’hui, c’est moi qui domine dans les sondages. Si ça n’était pas le cas, l’élection aurait eu lieu cette année », a assuré M. Merz, lundi soir, dans un entretien au quotidien Die Welt dans lequel il accuse la direction de la CDU d’avoir échafaudé un « plan » pour « l’empêcher » de devenir président du parti et candidat à la chancellerie.
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