La candidature d’Olaf Scholz donne de l’espoir aux sociaux-démocrates allemands

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La chancelière allemande, Angela Merkel, face au vice-chancelier et ministre des finances, Olaf Scholz, à Berlin, le 12 août.

Au milieu de la torpeur de l’été allemand, de façon inattendue, le Parti social-démocrate (SPD) a enclenché la dynamique de l’après-Merkel. Lundi 10 août, la direction du parti a annoncé la candidature du vice-chancelier et ministre des finances, Olaf Scholz, à la chancellerie pour les élections de septembre 2021. Depuis, les réactions positives se sont multipliées autour de cette candidature, laissant croire à une vraie chance pour le SPD de revenir à la chancellerie, après seize ans de règne d’Angela Merkel.

A observer la discipline avec laquelle les sociaux-démocrates se mettent en ordre de bataille pour 2021, on peine à reconnaître le parti qui étalait ses désaccords sur la place publique. La candidature d’Olaf Scholz a été décidée « à l’unanimité » des membres de la direction du parti, sans qu’aucune voix critique ne s’exprime.

Lors du dernier congrès du parti, les membres du SPD lui avaient pourtant préféré un duo d’inconnus, Saskia Esken et Norbert Walter-Borjans. Bien plus, le parti a esquissé une stratégie : il « n’exclut pas » une coalition dite « rouge-rouge-verte », c’est-à-dire avec les partis de gauche radicale et les écologistes, en tablant sur le fait que le pays soit prêt à donner un coup de barre à gauche, mais avec un chancelier plutôt centriste.

« Tout est différent »

Au vu des derniers sondages, le pari semble pour le moins téméraire : l’Union chrétienne-démocrate (CDU) enregistre actuellement une cote de popularité vertigineuse (36 %), qui reflète la forte adhésion des Allemands à la gestion de la crise du Covid-19 par le gouvernement. Le SPD, pourtant membre de la coalition au pouvoir, en a peu profité : il oscille depuis des mois autour de 15 %. L’annonce de la candidature de M. Scholz a fait grimper cette cote à 18 %, selon un sondage de l’institut INSA paru mercredi 12 août dans le journal Bild. Les écologistes y pointent à 15 %, la gauche radicale à 9 %. Bien insuffisant, à cette heure, pour faire trembler les conservateurs.

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Mais Olaf Scholz croit dur comme fer à ses chances. Car cette fois-ci, répètent ses proches, « tout est différent : Angela Merkel ne se représente pas ». Ils sont persuadés que l’essentiel de la cote de popularité actuelle des conservateurs est lié à la chancelière. « Elle partie, les électeurs se tourneront vers le vrai hériter du succès du gouvernement actuel : Olaf Scholz », explique au Monde un membre de son équipe.

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