jusqu’au bout, la Géorgie se fait désirer

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Les choses avaient pourtant bien commencé pour Donald Trump en Géorgie. A minuit, au soir de l’élection, mardi 3 novembre, il disposait d’une confortable avance de 372 407 voix face à Joe Biden. La carte des 159 comtés de l’Etat laissait apparaître une trentaine d’îlots bleus dans un océan de comtés rouges. A quoi bon s’inquiéter ? Les 16 votes au collège électoral lui semblaient acquis, les démocrates n’ayant plus gagné dans ce fief républicain depuis 1992. C’était oublier les changements démographiques qui y sont à l’œuvre, soulignés par la performance de Stacey Abrams lors des élections de mi-mandat de 2018.

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Pourtant, mercredi matin, l’avance du président n’était plus que de 103 705 voix. A 15 heures, elle n’était plus que de 79 509 voix, puis de 31 748 voix à minuit, dans la nuit de mercredi à jeudi. Jeudi à 9 heures, il ne lui restait plus que 18 588 voix d’avance, 12 828 à 15 heures, 9 426 voix à 18 h 30 et seulement 3 486 voix, lorsque Donald Trump est apparu, l’air sombre à la télévision.

Alors que le dépouillement des voix se poursuivait en Pennsylvanie, au Nevada, en Arizona et en Géorgie, M. Trump lançait qu’il pouvait gagner « facilement » si « les votes légaux » étaient comptés. Mais si l’on incluait « les votes illégaux », les démocrates allaient « essayer de nous voler l’élection ».

Des journalistes essaient d’évaluer le nombre de voix disponibles pour Joe Biden dans la State Farm Arena, jeudi 5 novembre.

C’était le dernier des trois étages d’une fusée lancée quelques heures plus tôt. Dans la matinée le président posta deux tweets rageux, dans lesquels il écrivait que « TOUT BULLETIN REÇU APRÈS LE JOUR DE L’ÉLECTION NE SERA PAS DÉPOUILLÉ », suivi quelques instants plus tard d’un « ARRÊTEZ LE DÉPOUILLEMENT ! ».

Ignorance du processus électoral

Aussitôt, une centaine de ses partisans ont convergé vers la State Farm Arena d’Atlanta où se terminait le décompte des bulletins du comté de Fulton pour manifester « pacifiquement ». L’une de ces manifestantes, Brooke Gray, s’interrogeait sur la provenance des bulletins de vote qui étaient dépouillés à quelques mètres de là. Elle n’avait manifestement pas compris que les bulletins de votes par correspondance – auquel beaucoup d’électeurs démocrates ont recouru, par crainte du Covid-19 – sont traités après les bulletins de vote enregistrés le jour de l’élection.

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Même incrédulité chez Pavel S. lorsqu’il affirmait qu’« ils » essaient de voler le résultat de l’élection. « Plus “ils” dépouillent, plus les résultats changent », se lamentait-il, remettant en cause la transparence du processus, se plaignant de ne pouvoir « aller vérifier ce qui se passe dans la State Farm Arena ». Dans l’enceinte, les journalistes refaisaient les calculs, à partir du nombre de bulletins restant à dépouiller dans les différents comtés et des scores que le candidat démocrate y avait enregistrés.

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