Jugée assujettie au Parti communiste chinois, la chaîne CGTN perd sa licence au Royaume-Uni

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Les locaux de la chaîne étatique chinoise CCTV et sa branche internationale, CGTN, à Pékin, en février 2021.

La chaîne publique chinoise d’information en anglais CGTN a perdu, jeudi 4 février, sa licence au Royaume-Uni après que le régulateur britannique des médias a jugé qu’elle était assujettie au Parti communiste chinois. Le droit d’émettre avait été accordé à la société Star China Media Limited, qui, en réalité, « n’exer[çait] pas de responsabilité éditoriale sur le contenu diffusé par CGTN », estime le régulateur dans un communiqué.

Une demande de transfert de cette licence à l’entité contrôlant réellement la chaîne n’était pas possible, car elle « est contrôlée par le Parti communiste chinois », est-il précisé. « Nous avons donné beaucoup de temps à CGTN pour se conformer aux règles », qui interdisent notamment au détenteur d’une licence d’être contrôlé par un organe politique, a détaillé l’Ofcom, le régulateur des médias au Royaume-Uni. « Ces efforts sont maintenant épuisés », a-t-il ajouté, estimant dès lors « opportun de révoquer la licence accordée à CGTN pour diffuser au Royaume-Uni ».

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Cette décision risque de crisper davantage les relations entre le Royaume-Uni et la Chine, déjà mises à mal par la condamnation, par Londres, de la loi controversée sur la sécurité chinoise à Hongkong et la répression des mouvements prodémocratie.

Déjà épinglée à plusieurs reprises par le régulateur

Dans ce contexte déjà tendu, le Royaume-Uni a aussi dénoncé la « barbarie » de Pékin envers les Ouïgours et annoncé, début janvier, des mesures pour empêcher les marchandises, liées au travail forcé présumé de cette minorité musulmane de la région du Xinjiang, d’arriver jusqu’aux consommateurs britanniques. Les autorités chinoises avaient immédiatement dénoncé une « attaque purement politique », demandant aux Britanniques de « cesser de s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine ».

Le régulateur britannique des médias a, par ailleurs, dit qu’il statuerait « bientôt » sur une procédure de sanction visant la chaîne CGTN, pour sa couverture jugée partiale, injuste et contraire au respect de la vie privée. En juillet, le régulateur avait déjà épinglé la chaîne étatique pour le traitement infligé à un ex-détenu britannique, le journaliste Peter Humphrey, lors de la couverture de son arrestation en Chine. Peter Humphrey, qui travaillait en Chine pour le compte d’un géant pharmaceutique, avait été arrêté puis condamné, en août 2014, à deux ans de prison pour violation des lois chinoises sur la vie privée. Libéré, il a été expulsé en 2015.

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Peter Humphrey s’était plaint auprès de l’Ofcom, qui avait jugé sa plainte « fondée », de « traitement injuste » et d’« atteinte à la vie privée » après la diffusion, en août 2013 et en juillet 2014, de deux programmes d’information par la chaîne qui s’appelait alors CCTV News, où il était présenté notamment comme un « suspect » qui était passé aux aveux. En mai 2020 également, l’Ofcom avait mis en cause CGTN pour partialité, lors de la couverture des manifestations prodémocratie à Hongkong en 2019.

Le Monde avec AFP

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