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Plus de cinquante ans après, l’image reste fondamentalement ancrée dans l’imaginaire collectif des Jeux olympiques : le 16 octobre 1968, les Américains Tommie Smith et John Carlos lèvent leur poing ganté, sur le podium du 200 m des Jeux de Mexico, en signe de lutte contre la ségrégation raciale, un geste qui leur vaudra l’exclusion – mais pas le retrait de leurs médailles.
Fort de cette notoriété mondiale et de la résonance de son engagement, John Carlos a rejoint des sportifs américains pour appeler le Comité international olympique (CIO) à supprimer les règles interdisant aux athlètes de manifester leurs opinions politiques, religieuses ou raciales pendant les Jeux.
« Les athlètes ne seront pas réduits au silence plus longtemps », a écrit, samedi 27 juin, le conseil des athlètes du Comité olympique et paralympique des États-Unis (USOPC), auquel s’est donc associé Carlos.
« Carlos et Smith ont tout risqué pour défendre les droits de l’Homme et leurs convictions, et ils continuent à inspirer chaque génération. Il est temps que les mouvements olympique et paralympique honorent leur courage plutôt que de dénoncer leurs actes », ont exhorté les signataires.
Les règles actuelles du CIO interdisent toute « manifestation ou propagande politique, religieuse ou raciale » aux Jeux.
« Les Comités internationaux olympique et paralympique ne peuvent continuer à punir ou écarter les athlètes qui prennent la parole pour défendre ce en quoi ils croient, en particulier quand ces convictions incarnent les objectifs de l’olympisme », est-il encore affirmé.
En conséquence, l’USOPC appelle les instances sportives à une « collaboration transparente » avec les athlètes et les groupes d’athlètes.
Deux athlètes sanctionnées en 2019
La missive de samedi a été envoyée dans un contexte brûlant de protestations, aux Etats-Unis et dans le monde, contre les injustices sociales après la mort tragique de George Floyd, il y a un mois à Minneapolis (Minnesota), lors d’une interpellation policière.
Le 9 juin, l’USOPC a annoncé qu’il contesterait les règles interdisant aux athlètes de manifester politiquement aux Jeux olympiques, après avoir entendu les témoignages de dizaines d’entre eux et leurs propositions pour lutter contre le racisme.
En 2019, la lanceuse de marteau Gwen Berry et l’escrimeuse Race Imboden avaient encore été sanctionnées par l’USOPC après avoir protesté contre l’injustice raciale lors des Jeux panaméricains de Lima.
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