Joe Biden trace sa ligne rouge face aux menaces de l’Iran et des milices chiites

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Manifestation à Bagdad, le 1er janvier 2021, pour réclamer le départ des forces américaines d’Irak.

Trente-sept jours après son entrée en fonctions, Joe Biden s’est engagé dans la confrontation qui oppose les Etats-Unis à l’Iran et aux milices chiites qui lui sont loyales en Irak. Dans ce conflit amorcé sous son prédécesseur Donald Trump, le nouveau président américain a tracé sa ligne rouge en ordonnant, jeudi 25 février, des frappes contre ces milices, tout en veillant à éviter une nouvelle escalade sur le territoire irakien.

Cette première opération militaire − « défensive », « calculée », « proportionnée », s’est empressé de souligner le Pentagone −, menée dans l’est de la Syrie, se profilait depuis l’attaque meurtrière contre une base abritant des soldats américains à Erbil, au Kurdistan irakien, le 15 février.

Si la réponse de Washington s’est fait attendre, Joe Biden a finalement montré qu’il n’entendait pas céder face aux menaces de l’Iran et de ses affidés dans la région en dépit de sa volonté de rompre avec la politique de « pression maximale » de l’administration Trump et de revenir dans l’accord sur le nucléaire iranien. « Vous ne pouvez agir sans impunité. Soyez prudent », a lancé le président Biden, vendredi, à l’adresse de l’Iran.

« Agression barbare »

L’attaque d’Erbil, qui a tué un consultant civil étranger et blessé plusieurs Irakiens et étrangers sur la base, dont un soldat américain, était la première entorse sérieuse à la trêve décrétée en octobre 2020 par les milices chiites pro-iraniennes. Depuis le retrait américain de l’accord sur le nucléaire en 2018, et surtout après l’assassinat dans une frappe de drone américaine à Bagdad du général iranien Ghassem Soleimani en janvier 2020, ces groupes armés ont multiplié les attaques contre des intérêts américains avec l’objectif affiché de « bouter les forces américaines hors d’Irak ». Elles s’étaient dites prêtes à maintenir la trêve le temps de l’installation de M. Biden, à condition qu’il s’engage à retirer ses troupes d’Irak. Leur patience a fait long feu, alors que la nouvelle administration dit vouloir réévaluer le dossier irakien avant de clarifier sa position.

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Téhéran et ses affiliés locaux avaient nié toute implication dans l’opération du 15 février. De son côté, Washington a temporisé, disant laisser le temps aux autorités irakiennes de mener l’enquête, tout en promettant qu’il « demandera[it] des comptes » aux auteurs de l’attaque. Comme une majorité d’attaques menées contre des intérêts américains en Irak, celle d’Erbil a été revendiquée par une milice chiite peu connue, servant, selon les experts, de paravent aux milices loyales à l’Iran. Deux autres attaques ont, depuis, visé la base militaire de Balad, au nord de Bagdad, et la zone verte, qui abrite l’ambassade américaine dans la capitale.

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