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Trente-sept jours après son entrée en fonctions, Joe Biden s’est engagé dans la confrontation qui oppose les Etats-Unis à l’Iran et aux milices chiites qui lui sont loyales en Irak. Dans ce conflit amorcé sous son prédécesseur Donald Trump, le nouveau président américain a tracé sa ligne rouge en ordonnant, jeudi 25 février, des frappes contre ces milices, tout en veillant à éviter une nouvelle escalade sur le territoire irakien.
Cette première opération militaire − « défensive », « calculée », « proportionnée », s’est empressé de souligner le Pentagone −, menée dans l’est de la Syrie, se profilait depuis l’attaque meurtrière contre une base abritant des soldats américains à Erbil, au Kurdistan irakien, le 15 février.
Si la réponse de Washington s’est fait attendre, Joe Biden a finalement montré qu’il n’entendait pas céder face aux menaces de l’Iran et de ses affidés dans la région en dépit de sa volonté de rompre avec la politique de « pression maximale » de l’administration Trump et de revenir dans l’accord sur le nucléaire iranien. « Vous ne pouvez agir sans impunité. Soyez prudent », a lancé le président Biden, vendredi, à l’adresse de l’Iran.
« Agression barbare »
L’attaque d’Erbil, qui a tué un consultant civil étranger et blessé plusieurs Irakiens et étrangers sur la base, dont un soldat américain, était la première entorse sérieuse à la trêve décrétée en octobre 2020 par les milices chiites pro-iraniennes. Depuis le retrait américain de l’accord sur le nucléaire en 2018, et surtout après l’assassinat dans une frappe de drone américaine à Bagdad du général iranien Ghassem Soleimani en janvier 2020, ces groupes armés ont multiplié les attaques contre des intérêts américains avec l’objectif affiché de « bouter les forces américaines hors d’Irak ». Elles s’étaient dites prêtes à maintenir la trêve le temps de l’installation de M. Biden, à condition qu’il s’engage à retirer ses troupes d’Irak. Leur patience a fait long feu, alors que la nouvelle administration dit vouloir réévaluer le dossier irakien avant de clarifier sa position.
Téhéran et ses affiliés locaux avaient nié toute implication dans l’opération du 15 février. De son côté, Washington a temporisé, disant laisser le temps aux autorités irakiennes de mener l’enquête, tout en promettant qu’il « demandera[it] des comptes » aux auteurs de l’attaque. Comme une majorité d’attaques menées contre des intérêts américains en Irak, celle d’Erbil a été revendiquée par une milice chiite peu connue, servant, selon les experts, de paravent aux milices loyales à l’Iran. Deux autres attaques ont, depuis, visé la base militaire de Balad, au nord de Bagdad, et la zone verte, qui abrite l’ambassade américaine dans la capitale.
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