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L’une est parfois surnommée « Sainte Jacinda ». L’autre, « la Broyeuse ». Jacinda Ardern, première ministre travailliste néo-zélandaise depuis près de trois ans, et Judith Collins, nouvelle responsable de la droite propulsée à la tête du Parti national le 14 juillet, sont les deux têtes d’affiche des élections législatives qui se tiendront le 17 octobre. Entre ces deux responsables que tout oppose, Jacinda Ardern est la grande favorite. En mai, l’élue de 40 ans, qui a fait de la bienveillance un mode de gouvernance, avait décroché le titre de chef de gouvernement néo-zélandais le plus populaire depuis un siècle.
Selon une dernière enquête d’opinion parue le 8 octobre, 50 % des électeurs souhaitent la voir continuer à diriger le pays, tandis que 23 % soutiennent Judith Collins. Pour la première fois depuis l’adoption, en 1996, du système électoral de représentation proportionnelle mixte qui favorise les petites formations, un parti pourrait décrocher la majorité absolue et gouverner seul. « Cela permettrait à Jacinda Ardern d’adopter des politiques plus ambitieuses », estime Jennifer Lees-Marshment, politologue à l’université d’Auckland.
Simplicité et bienveillance
Jusqu’à présent, la jeune femme, qui dirige une coalition tripartite depuis octobre 2017, a dû composer avec deux alliés aux idées très différentes : les Verts et le parti populiste de droite Nouvelle-Zélande d’abord (NZF). Entre ces deux formations, les relations ont été difficiles et NZF a mis un frein aux ardeurs réformistes de la première ministre, la contraignant notamment à abandonner une réforme fiscale particulièrement attendue par la gauche. « Elle a beaucoup promis, peu réalisé », lui reproche une frange de son électorat.
Si Jacinda Ardern, qui avait suscité un engouement rare durant la campagne de 2017, s’est attelée à la lutte contre les inégalités, en investissant dans les secteurs de l’éducation, de la santé et en s’attaquant à la pauvreté infantile, elle a échoué à incarner le grand changement auquel aspirait une partie de la gauche après neuf ans de règne conservateur. Et pour ceux qui rêvent de grand soir, elle a d’ores et déjà prévenu qu’il n’y aurait pas de « réformes à grande échelle » si elle était reconduite. « Nous allons développer les politiques déjà mises en place », a-t-elle expliqué durant sa campagne, mais « le plus gros de l’attention » sera consacré à la « reprise économique ». En septembre, la crise sanitaire a fait plonger le pays dans la récession pour la première fois depuis dix ans.
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