Israël ouvre discrètement ses frontières à des vacanciers palestiniens

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Etait-ce un mirage estival ? Depuis la fête musulmane de l’Aïd el-Adha, au tournant du mois d’août, des milliers de Palestiniens sont apparus sur les plages d’Israël. Ils se rendaient en villégiature à Netanya (Centre), à Acre et Haïfa (Nord), sans autorisations et sans avoir été contrôlés par l’armée. Officiellement, le passage du mur qui sépare les territoires palestiniens, occupés depuis 1967, de l’Etat hébreu est pourtant fermé, alors que le pays affronte un violent retour de l’épidémie due au coronavirus.

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Mais durant deux semaines, la hiérarchie militaire israélienne paraît avoir donné l’ordre de laisser passer, sans s’en expliquer. A Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie, la rumeur a commencé à circuler fin juillet. Des ouvriers travaillant illégalement en Israël affirmaient que les soldats avaient cessé de barrer un trou à travers le grillage, près du village de Faroun.

Dès le 1er août, Abdel Karim Al Khalil, commerçant de 50 ans, son épouse, Dalal, et leurs quatre enfants ont tenté le coup. Ils ont passé le grillage à pied, parmi d’autres familles et des grappes de jeunes hommes. « Les soldats ne parlaient à personne, ils fermaient les yeux », se tenant à l’écart sur la route, dit M. Al Khalil. Des chauffeurs de taxis et de minibus s’étaient passé le mot : ils attendaient derrière le mur, pour emmener les clients à la mer, à 20 shekels la course (5 euros).

Relâcher la pression

La famille Al Khalil a passé la journée dans la ville de Netanya, à la plage, au marché aux légumes et au centre commercial. « La ville était pleine de gens de Cisjordanie. J’ai vu plusieurs amis de Tulkarem, certains même interdits d’entrée en Israël pour raisons de sécurité » à cause de leur appartenance à un mouvement politique, leurs liens à des militants ou leur implication supposée dans des violences.

Au retour, la nuit tombée, au point de passage de Jbara, M. Al Khalil a vu des bus qui emmenaient encore des Palestiniens d’Hébron et de Ramallah jusqu’au trou dans le mur qu’il avait emprunté au matin. M. Al Khalil est commerçant : il dispose d’un permis de passage en Israël, difficile à obtenir et nécessitant des contrôles sécuritaires. Sa famille, en revanche, n’y a pas droit. Voir la Méditerranée de près, pour ses deux filles, Aya, 19 ans, et Hala, 9 ans, n’est pas une expérience ordinaire, même si elles vivent à une quinzaine de kilomètres de la côte à vol d’oiseau. Elles y sont retournées dès le lendemain avec leur mère.

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