Intenses combats dans le Haut-Karabakh, la Turquie appelle à des « pourparlers à quatre »

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A Stepanakert, république du Haut-Karabakh, le 11 octobre 2020.

D’intenses combats ont opposé forces séparatistes arméniennes du Haut-Karabakh et armée azerbaïdjanaise mardi 13 octobre, tandis que la Turquie a proposé des « pourparlers à quatre » avec la Russie. L’Azerbaïdjan semble avoir conquis quelques territoires, sans avoir gagné un avantage net sur les séparatistes qui tiennent les montagnes.

« L’Azerbaïdjan a enregistré certains succès militaires, mais rien de spectaculaire. Bakou est loin d’être prêt à prendre le contrôle du Karabakh », relève Guela Vassadze, expert au Centre géorgien d’analyse stratégique, qui évoque une « impasse diplomatique et militaire ».

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La Turquie, qui a pris fait et cause pour l’Azerbaïdjan depuis le début des derniers affrontements le 27 septembre, et la Russie, qui est engagée dans une alliance militaire avec l’Arménie, sont de facto les arbitres du conflit. Ankara a ainsi estimé qu’« il [était] temps de trouver un nouveau mécanisme » pour résoudre la question de la région, disputée depuis des décennies.

Le cessez-le-feu non respecté pour le quatrième jour consécutif

De tels pourparlers acteraient l’impuissance du Groupe de Minsk, médiateur historique du conflit coprésidé par la Russie, la France et les Etats-Unis, qui a parallèlement exhorté l’Arménie et l’Azerbaïdjan à respecter la trêve pour « éviter des conséquences catastrophiques » pour la région. Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a lui aussi appelé les belligérants à « respecter leur engagement d’un cessez-le-feu » et à « cesser de cibler des zones peuplées de civils ».

Bakou et Erevan se renvoient la responsabilité des hostilités, lesquelles ont fait plus de 600 morts, dont 73 civils, selon des bilans partiels (l’Azerbaïdjan ne communiquant pas les décès parmi ses troupes). Pour le quatrième jour consécutif, le cessez-le-feu censé être en vigueur depuis samedi est resté lettre morte.

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« Après deux semaines de combats intenses, et s’intensifiant, malheureusement (…), nous voyons que des centaines de milliers de personnes sont déjà affectées, dans la région », a regretté le directeur Eurasie du Comité international de la Croix-Rouge, Martin Schüepp. Selon lui, des « discussions continues » sont néanmoins en cours pour des échanges de corps et de prisonniers – un objectif de la trêve négociée à Moscou.

Du côté du front, les séparatistes du Haut-Karabakh accusent l’armée adverse d’avoir lancé une triple offensive au sud, au nord et au nord-est de la république autoproclamée. Bakou, de son côté, affirme « respecter le cessez-le-feu », accusant l’adversaire arménien d’avoir tiré sur les districts azerbaïdjanais de Goranboy, Terter et Agdam.

Le Haut-Karabakh, territoire majoritairement peuplé d’Arméniens, a dans les années 1990 fait sécession de l’Azerbaïdjan, entraînant une guerre au cours de laquelle plus de 30 000 personnes trouvèrent la mort. Les hostilités en cours sont les plus graves depuis 1994. Au terme de près de trente ans d’impasse diplomatique, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a juré de reprendre le contrôle de la région.

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Le Monde avec AFP

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