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Sans entrée d’argent, ils peinent à survivre tandis qu’ils vivaient déjà des situations compliquées. Les aides acheminées vers quelquesuns les permettent de tenir. Mais à chaque jour qui passe les choses se compliquent. Ne pouvant subvenir à leurs besoins de base, ils se rapprochent du bord du gouffre.
Brinda Kissoondory, 41 ans, Vallée Pitot : “Mon cœur de mère pleure”
“Je confectionne et je vends des achards pour être en mesure de subvenir aux besoins de mes trois enfants. En 15 ans, c’est la première fois que ma famille et moi passons par une période aussi sombre. Nous sommes une famille modeste et j’ai toujours roulé ma bosse, que ce soit dans les usines ou comme femme de ménage pour que ma famille puisse avoir l’essentiel. Mon cœur de mère pleure aujourd’hui car mo nepli kapav trase pou mo zanfan. J’avais des clients réguliers et je faisais du porte-à-porte pour vendre mes achards, mais désormais ce n’est plus possible. Je ne trouve plus les ingrédients, encore moins les contenants. Aussi, les gens ne sont plus intéressés à acheter des achards ; ils sont plus soucieux de s’approvisionner en nourriture de base. La semaine dernière, pris au dépourvu par la fermeture des supermarchés, nous n’avons pas mangé à notre faim pendant trois jours. Au point où j’ai même eu des soucis de santé avec d’atroces douleurs au cou.”
Cindy Sababadee, 40 ans, Baie du Tombeau : “Pas assez d’argent pour nous
approvisionner”
“Ma famille et moi passons par des moments très difficiles. Je ne travaille pas pour des raisons de santé. Nous venons d’apprendre que ma mère âgée de 84 ans est aussi malade et souff re d’un œdème pulmonaire. Elle doit se faire extraire de l’eau dans les poumons. Avec à ma charge un fils de 20 ans, qui ne travaille pas encore, nous sommes dans le désarroi le plus total. Quand le gouvernement a fermé toutes les boutiques, les supermarchés et les boulangeries, déjà que nous n’avions pas grands choses à manger chez nous, nous n’avions plus rien à nous mettre sous la dent si ce n’est du fruit à pain et un peu de thé. Certes, une voisine apportait un peu de nourriture, mais j’ai préféré que ma mère mange à sa faim pour que son cas ne s’aggrave pas. Malgré l’ouverture des points de ventes, nous n’avons même pas assez d’argent pour nous approvisionner dans une boutique.
John Moutou, 51 ans, Vacoas : “Je n’ai plus aucune rentrée d’argent”
“Depuis une dizaine d’années, je parcours les rues des hautes Plaines Wilhems à vélo pour ramasser des bouteilles en plastique et de la vieille ferraille que je revends ensuite à des usines. Je ne travaille plus. Ce n’est pas prudent de ramasser le plastique dans la cour des gens, car je ne peux pas savoir si ce sont des bouteilles infectées. En deuxième lieu, l’usine qui venait récupérer ces bouteilles a fermé ses portes depuis l’annonce du confinement. J’ai bien essayé de trouver quelques journées dans le bâtiment, mais aucun chantier n’est en activité. Avec le plan d’aide pour le secteur informel mis en place par le gouvernement, j’espère pouvoir souffler un peu. Mais les démarches sont très compliquées pour ceux qui n’ont pas accès à internet. Aujourd’hui, je n’ai plus aucune rentrée d’argent. Mais ma foi en Dieu est solide et je suis confiant qu’il ne me laissera pas tomber.”
Jean-Yves Sylvio, Pointe aux Sables : “Ma famille n’a plus de quoi se nourrir”
“Ma famille n’a plus de quoi se nourrir. Je vis avec ma femme et nos deux enfants, et nous avons eu de quoi manger ces derniers jours uniquement grâce à la générosité des voisins. Je suis au chômage depuis quelques temps déjà. Je faisais des travaux de maçonnerie mais je n’ai pas pu conserver mon emploi car je ne pouvais pas aller au travail régulièrement en raison de l’état de santé de ma femme. Elle souff re de plusieurs complications tels que l’épilepsie, le diabète et l’asthme. Certains jours, je suis obligé de rester avec elle. La pension qu’elle percevait n’a pas été renouvelée en début d’année. Du coup, on se retrouve à devoir quémander. J’ai essayé de m’enregistrer à la MRA pour percevoir le plan d’aide du gouvernement mais je n’y suis pas arrivé en ligne et le numéro de téléphone est constamment engagé.”
Jean-Noël Luximon, Pointe aux Sables : “Je suis dans une situation très délicate”
“Je compte sur mes parents pour avoir de quoi manger. Ma seule entrée d’argent depuis quelques mois est la compensation mensuelle de Rs 2 300 d’une assurance. Cet argent, je le donnai déjà à mon fils de 14 ans qui vit avec sa mère dont je suis séparé. En août 2019, j’ai dû prendre ma retraite suite à de nombreuses complications de santé. Je souffre du diabète, de problèmes cardiaques et de ma colonne vertébrale. Les médecins m’ont dit que je ne pourrais plus travailler. Je ne touche pas encore de pension de la part du gouvernement. Je ne sais même pas par quel moyen demander une pension à l’État. Je suis dans une situation très délicate. Je vis avec mon autre fils qui est électricien. Lui non plus n’a pas d’argent en ce moment. Nous sommes en attente du plan d’aide initié par le gouvernement mais, entre-temps, nous sommes en grande difficulté.”
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