« Il faut construire un nouveau contrat social » – Jeune Afrique

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Ancien ministre de l’Économie et des Finances, l’économiste Hakim Ben Hammouda estime que seuls une vision claire et fédératrice, la poursuite de la stabilisation de la situation économique et un grand programme d’investissements pourraient relancer l’économie tunisienne. Explications.

Ancien ministre de l’Économie et des Finances du gouvernement Mehdi Jomâa (2014-2015), Hakim Ben Hammouda, 58 ans, a été régulièrement cité parmi les favoris pour conduire le nouveau gouvernement, fonction qui est finalement échue en février à Elyes Fakhfakh.

Économiste familier des institutions internationales, au sein desquelles il a effectué une grande partie de sa carrière (Nations unies, Organisation mondiale du commerce), ce libéral est sans étiquette, mais de conviction centriste. Il a publié de nombreux ouvrages, dont Sortir du désenchantement. Des voies pour renouveler le contrat social tunisien, paru en mars 2019 aux éditions Nirvana.

Jeune Afrique : Comment le pays se porte-t-il sur le plan financier et économique ?

Hakim Ben Hammouda : La baisse de l’inflation, du déficit public et de la balance des paiements, ainsi qu’une stabilisation de l’endettement augurent d’un assainissement de la situation. Néanmoins, les facteurs structurels sont bloqués : l’investissement et la croissance sont très faibles, sans nouvelles perspectives. Le défi est de dépasser ce blocage et de stopper le recul de la compétitivité et des exportations. Une tâche titanesque !

Quatre mois après les élections, aucun programme économique n’a été mis en place, et l’émiettement du Parlement laisse dubitatifs les bailleurs de fonds

Ces dernières années, l’incapacité des différents gouvernements à gérer la situation économique a engendré de grandes incertitudes et une défiance de la part des investisseurs et des acteurs économiques. Les bailleurs de fonds internationaux sont dans un attentisme parfois teinté de crainte : quatre mois après les élections générales, aucun programme économique n’a été mis en place, beaucoup d’engagements pris n’ont pas été respectés, et l’émiettement du Parlement les laisse dubitatifs quant à la capacité du nouveau gouvernement à opérer les réformes nécessaires. Or la confiance de la communauté internationale est essentielle.

La Tunisie peut-elle rebondir ?



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JeuneAfrique

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