Idlib, la nasse du conflit syrien

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Idlib, histoire d’un territoire mis à l’écart par le pouvoir

Avant 2011 : entre désintérêt et répression du régime

Province agricole majoritairement sunnite et conservatrice, Idlib a été laissée à l’écart du développement économique sous le régime d’Hafez Al-Assad. En 1980, à la suite du soulèvement des Frères musulmans dans plusieurs villes du pays, dont Jisr Al-Choghour, une violente répression s’abat sur la région d’Idlib.

Avril 2011 : la contestation anti-Assad atteint Idlib

La ville de Saraqeb rejoint la contestation dès le mois de mars 2011, au tout début du soulèvement anti-Assad, et celle d’Idlib le mois suivant. La province est la première à basculer dans la lutte armée. En juillet 2012, l’Armée syrienne libre (ASL), la branche modérée de la rébellion, s’empare du poste- frontière de Bab Al-Hawa. Des armes commencent à lui parvenir, mais en nombre limité. L’ouverture profite surtout aux combattants islamistes, qui sont ravitaillés par l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie.

Entre 2014 et 2015 : la montée en puissance des djihadistes dans la région

Le groupe djihadiste Front Al-Nosra (branche syrienne d’Al-Qaida) profite de l’affaiblissement de l’ASL et prend Idlib au régime en mars 2015. Les militants anti-Assad saluent d’abord cette victoire. Mais, très vite, les modérés et les minorités religieuses heurtent à la violence du groupe qui cherche à imposer sa loi sur toute la province.

Fin 2015 : le ghetto des irréductibles

En septembre 2015, l’intervention de l’armée russe permet au régime syrien de repartir à l’offensive. A chaque victoire, Damas offre aux rebelles refusant de rendre les armes d’être évacués avec leur famille vers la poche d’Idlib. Les éléments les plus irréductibles de l’opposition armée s’entassent progressivement dans cette région.

Depuis 2017 : de la désescalade à l’offensive

En mai 2017, la province d’Idlib est incluse, avec la Ghouta, Homs et Deraa, dans l’accord de désescalade signé à Astana (Kazakhstan) entre la Turquie, marraine de l’opposition à Bachar Al-Assad, et la Russie et l’Iran, soutiens du régime. L’armée turque érige une dizaine de postes d’observation du cessez-le-feu dans la région. Mais les combats reprennent rapidement.

L’offensive du régime contre la souricière

Les forces en présence en février 2020

Le front

La situation humanitaire

Sources : OCHA, reliefweb ; syria.liveumap.com ; F. Balanche, « Sectarianism in Syria’s civil war », The Washington Institute, 2018 ; AFP ; Le Monde

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