huis clos fiévreux à bord du « Diamond Princess » en quarantaine

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Des hommes en combinaison quittent le Diamond Princess, où sont confinées 3600 personnes, dans le port de Yokohama, près de Tokyo, le 14 février.
Des hommes en combinaison quittent le Diamond Princess, où sont confinées 3600 personnes, dans le port de Yokohama, près de Tokyo, le 14 février. CHARLY TRIBALLEAU / AFP

L’attente à bord est pénible et les nouvelles peu réjouissantes. A quai dans le port de Yokohama, au sud-ouest de Tokyo, le Diamond Princess est le principal foyer de contamination au nouveau coronavirus hors de Chine. L’épidémie de Covid-19 a infecté 218 passagers qui ont été hospitalisés, dont 44 cas annoncés jeudi 13 février. Dix sont dans un état grave. Un Français parmi les quatre qui se trouvaient à bord, Michel Vittori, 80 ans, a été contaminé, a confirmé vendredi à RTL son épouse.

Le navire comptait initialement 3 711 passagers et membres d’équipage. Le virus pourrait avoir été transmis par un Hongkongais qui avait embarqué pour une partie du voyage le 20 janvier, depuis ce même port japonais, et débarqué le 25 à Hongkong. Il toussait mais n’avait pas consulté l’infirmerie à bord et ce n’est que six jours plus tard, dans un hôpital de l’ancienne colonie britannique, qu’il a été diagnostiqué positif. Durant plus d’une semaine après son départ, les passagers, dont certains potentiellement porteurs du coronavirus, ont continué à partager leurs repas dans les mêmes restaurants et à assister aux mêmes spectacles.

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De nouveaux cas apparaissent quotidiennement

Des passagers du Diamond Princess en quarantaine sortent sur leurs balcons, le 14 février.
Des passagers du Diamond Princess en quarantaine sortent sur leurs balcons, le 14 février. CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Le navire est à quai à Yokohama depuis le 3 février et une période de quarantaine a été décrétée à bord. Elle doit théoriquement prendre fin au 19 février mais on peine à imaginer que les passagers puissent réellement être libérés à cette date alors que de nouveaux cas parmi eux apparaissent quotidiennement.

Les ex-vacanciers sont cloîtrés dans leurs cabines, sans savoir si les nouveaux cas sont des contaminations précédentes passant la période d’incubation ou bien de nouvelles transmissions dans le cadre de ce huis clos sanitaire. « Je commence à penser qu’être sur le navire est plus risqué parce que nous sommes tous confinés à proximité. Il est difficile de savoir si nous ne sommes pas réexposés au virus », confie au Monde la Californienne Sarah Arana, depuis onze jours enfermée dans sa cabine – dotée d’un balcon, une chance relative.

Les passagers en sont réduits à observer sur les quais du terminal les ambulances et personnels médicaux en combinaison blanche emmener les contaminés. Avec des niveaux de débit variable, ils ont accès à Internet et font sur les réseaux sociaux le récit de leurs interminables journées : photos des plats que l’équipage leur apporte, des sudokus et jouets pour enfants qui sont distribués, de leurs cabines plus ou moins exiguës selon le budget qu’ils avaient pu consacrer à leur croisière, des exercices et divertissements par lesquels ils essayent de tuer le temps. Les retraités britanniques Sally et David Abel font part dans leurs vidéos diffusées en direct sur Facebook de leur joie de s’être vus livrer un déshumidificateur mais surtout de leur crainte d’être séparés si l’un d’eux venait à être affecté.

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