Haut-Karabakh, le réveil d’un vieux conflit

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Publié aujourd’hui à 19h08

Petit sur la carte du monde, moins peuplé qu’un département français comme l’Ariège, le Haut-Karabakh fait partie des territoires les plus âprement disputés. La dernière fois qu’ils se sont vus, lors d’un débat organisé dans le cadre de la Conférence sur la sécurité de Munich, en février 2020, le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, est remonté jusqu’au IVe siècle avant Jésus-Christ pour revendiquer, face au président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, la possession de cette enclave montagneuse du Caucase du Sud. A l’époque, des nobles arméniens avaient fait de ces forêts un lieu de résistance contre la Perse.

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L’histoire a souvent malmené ce petit bout de terre bordé au sud par l’Iran, et encadré de part et d’autre par les deux principaux protagonistes du conflit, l’Arménie à l’ouest et l’Azerbaïdjan à l’est. Ces deux pays, à peine la révolution russe achevée, en 1919, ont commencé à se disputer le Haut-Karabakh avant d’être stoppés net dans leur élan lorsque les bolcheviques se sont emparé du pouvoir l’année suivante, à six mois d’intervalle, d’abord à Bakou, la capitale azebaïdjanaise, puis à Erevan, sa rivale arménienne.

A Munich, Ilham Aliev n’a eu de cesse de le rappeler : en 1921, le bureau caucasien du Comité central du parti bolchevique, supervisé par Staline alors « commissaire aux nationalités » avait tranché en décidant de rattacher le Haut-Karabakh à la République socialiste soviétique d’Azerbaïdjan, puis de créer l’oblast (la région) éponyme, pourtant peuplée par une majorité d’Arméniens. Diviser pour mieux régner, la méthode Staline a été éprouvée ici comme ailleurs.

Le conflit n’a jamais cessé d’exister

Les tensions et les violences, avec des pogroms des deux côtés, ont ressurgi avant même la dislocation de l’URSS. Aussitôt après, tandis que les ex-Républiques soviétiques accédaient à l’indépendance, la situation a dégénéré. Résolu à s’émanciper de la tutelle azerbaïdjanaise, le Haut-Karabach proclame son indépendance en 1991 – qui n’est toujours reconnue à ce jour par aucun pays des Nations unies – y compris l’Arménie.

La guerre qui éclate au début des années 1990 fera 30 000 morts et des centaines de milliers de réfugiés. Des zones « tampon » autour de l’enclave séparatiste sont prises par les forces arméniennes, amputant 14 % du territoire azerbaïdjanais.

On le disait « larvé », « gelé » depuis un cessez-le-feu arraché en 1994 par le Groupe de Minsk coprésidé par la Russie, les Etats-Unis et la France. Le conflit armé dans le Haut-Karabakh n’a en réalité jamais cessé d’exister, ressurgissant à intervalles réguliers en 2008, 2016 ou encore à l’été 2020.

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