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FactuelDepuis les prémices de la crise économique à la fin des années 2000, les projets de mise en valeur touristique de la capitale grecque se sont succédé. Comme ses prédécesseurs, la « Grande promenade », initiée par le maire conservateur Kostas Bakoyannis, connaît son lot de critiques.
Athènes continue de se métamorphoser au fil des saisons, même en pleine pandémie. Sur la rue Panepistimiou, qui relie la place Syntagma, en face du Parlement, et celle d’Omonia, mais aussi autour du Jardin national, de nouvelles artères pour piétons et cyclistes ont été inaugurées le 11 juin, pendant la fin du premier confinement. Le maire de la capitale grecque, Kostas Bakoyannis, élu en juin 2019, voit dans cette « nouvelle crise une opportunité pour sortir plus forts et se renouveler ».
Mais son projet, intitulé « la Grande Promenade », qui a pour but de permettre la jonction à pied du Musée de l’Acropole au Musée archéologique, a fait un flop. En été, les passants se plaignaient d’un parcours peu ombragé. A l’automne, avant le deuxième confinement, les Athéniens ne cessaient de pester contre les embouteillages créés. Dans les jardinières, des étudiants avaient planté du cannabis, et des sans-abri s’allongeaient sur les bancs blancs. La première phase du projet, qui doit être évaluée au bout de six mois, a coûté près de 2 millions d’euros.
Trop pour les Grecs, qui s’inquiètent des conséquences économiques du confinement. « Un banc qui coûte plus de 5 000 euros est-il fait en cuir pour être aussi cher ? », s’interroge ironiquement Christos, libraire dans le quartier d’Exarchia. « Il y avait d’autres priorités, renchérit Dimitris Alexakis, qui gère un espace de création artistique, le Centre de contrôle de la télévision, ou KET. Cet argent aurait pu servir à renforcer les centres de santé de proximité, trouver des hébergements pour les plus démunis, soutenir tout le tissu de théâtres indépendants désormais en quasi-faillite… Aider la population d’Athènes plutôt que de vouloir attirer les touristes et les investisseurs. »
Centre-ville paupérisé
Pourtant, de son bureau surplombant la place Kotzia, Kostas Bakoyannis assure « vouloir protéger l’ADN de la ville ». « Athènes doit être accueillante aussi bien pour ses habitants, les gens qui y travaillent et les familles, que pour ses visiteurs », poursuit le quadragénaire, neveu de l’actuel premier ministre, Kyriakos Mitsotakis. Malgré les critiques, il justifie son plan de piétonnisation : « Des tentatives similaires ont eu lieu dans d’autres grandes villes européennes, dont Paris. La période où la voiture était reine est révolue. Toutes les villes changent. Nous ne pouvons pas rester englués dans les mauvaises habitudes du passé. »
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