Harvey Weinstein condamné à vingt-trois ans de prison, une peine coup de tonnerre

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Croquis de l’audience de la peine d’Harvey Weinstein, le 11 mars, à New York.
Croquis de l’audience de la peine d’Harvey Weinstein, le 11 mars, à New York. Elizabeth Williams / AP

Le jury avait rendu le 24 février un verdict mesuré, ne retenant pas l’accusation d’agressions sexuelles en série qui aurait pu valoir à Harvey Weinstein la perpétuité. Mais la lourdeur de la peine prononcée mercredi 11 mars par le juge James Burke a fait l’effet d’un coup de tonnerre : le producteur de cinéma déchu a été condamné à vingt-trois ans de prison, à l’issue de son procès à New York pour viol et agression sexuelle. A 68 ans, Harvey Weinstein se voit infliger vingt ans de prison pour agression sexuelle avec violence contre l’ancienne productrice de cinéma Mimi Haleyi, à laquelle il avait imposé un cunnilingus alors qu’elle avait ses règles en 2006. Il a eu droit à une peine supplémentaire de trois ans pour viol envers une personne incapable de donner son consentement (viol au « troisième degré ») à l’encontre de Jessica Mann en 2013, qui rêvait de devenir actrice. Ainsi le producteur qui faisait la loi à Hollywood, lauréat 1990 de la Palme d’or à Cannes pour Sexe, mensonges et vidéo, de Steven Soderbergh, et récipiendaire de nombreux Oscars pour Pulp fiction (1994) et Shakespeare in Love (1998), pourrait-il finir ses jours en prison.

Le juge Burke a fixé seul la peine avec le verdict du jury, comme c’est l’usage à New York et dans de nombreux Etats américains. Il a estimé qu’elle reflétait le comportement général de M. Weinstein : « Bien que ce soit la première condamnation, ce n’est pas la première infraction », a asséné M. Burke, qui avait pourtant expliqué à l’ouverture du procès qu’il ne s’agissait pas de faire du procès un référendum sur le mouvement #metoo. « J’ai devant moi des preuves d’agressions sexuelles impliquant d’autres femmes. » Il a suivi le parquet, qui avait réclamé une peine longue — M. Weinstein encourait un maximum de vingt-neuf ans de prison (vingt-cinq plus quatre pour les deux crimes dont il a été reconnu coupable). La procureure Joan Illuzzi-Orbon a dénoncé un homme « ivre de pouvoir » et est remontée jusqu’aux années 1970, citant le cas d’une victime disant avoir été violée en 1978 lors d’un voyage d’affaires. Juste avant le verdict, la victime Mimi Haleyi avait de nouveau accablé son agresseur : « Il a violé ma confiance et mon corps ainsi que mon droit à refuser des avances », a-t-elle déclaré. Sa deuxième victime, Jessica Mann, a demandé que la peine la plus lourde soit prononcée, déplorant que son cas soit moins pénalisé que le trafic de drogue : « Comment se fait-il que je ne vaille pas plus que de la cocaïne ? »

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