[Faits Divers] VIDEOS – Au Maïdo, les secours ont tiré les leçons de 2010 et 2011

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SAINT-PAUL. Sous contrôle depuis trois jours, le feu du Maïdo est entré dans une longue phase d’extinction. Les pompiers, bien aidés par les renforts nationaux et leurs des partenaires publics ou privés, s’appuient sur les expériences douloureuses de 2010 et 2011.

Sur une crête du flanc ouest de l’incendie, des pompiers du détachement d’intervention héliporté (DIH) du Var s’affairent à noyer les divers points chauds encore fumants en arrosant le sol d’un produit mouillant. Malgré la chaleur, la poussière et les cendres, un relief escarpé et des incertitudes pour les jours à venir sur la météo, les pompiers semblent en train de remporter leur bataille contre le feu après bientôt une semaine de lutte intense.

“On peut dire que le feu est sous contrôle, avec une surface inchangée depuis trois jours à 175 ha”, décrit le commandant Gérard Maillot, du SDIS 974. “On a bien eu quelques reprises dans la journée de jeudi puis dans la nuit, et une cinquantaine de points chauds ont été traités en deux jours. Mais il faut rester humble face à une telle catastrophe, car on n’est pas encore à l’abri d’une dégradation du temps et un retour du vent” prévient l’officier.

Avec des lignes d’eau disposées tout au long des 8 km de lisière, “c’est un travail de fourmis qui va durer encore des jours pour traiter en profondeur tous les points chauds” souligne le commandant Denis Bargès, du SDIS des Bouches-du-Rhône. L’officier, qui était des renforts appelés en 2010 et 2011 et a contribué à former les DIH réunionnais, se réjouit toutefois du “travail bien fait” par les pompiers réunionnais pour circonscrire le sinistre.

“Et la coopération entre tous fonctionne bien, que ce soit entre pompiers locaux et métropolitains qui connaissent désormais bien le terrain, les personnels administratifs et techniques mais aussi avec l’ONF, le Parc national, les éco-gardes, ou les partenaires privés comme les hélicoptères et les porteurs d’eau” relève le commandant Maillot.

 

 

“UN TRAVAIL ADMIRABLE” POUR CYRILLE MELCHIOR

 

Le président du conseil départemental, qui s’est encore rendu sur place hier, a lui aussi salué “le travail admirable, le professionnalisme et la qualité des personnels engagés” évoquant “une coordination source d’efficacité.” Pour Cyrille Melchior, il est clair que la Réunion “a tiré les enseignements de 2010 et 2011” avec des aménagements réalisés en amont telles les pistes et les retenues d’eau, et une plus grande “réactivité de nos équipes.” Pour autant, le président déplore “un vrai désastre, une nature dévastée et des dégâts impressionnants”, qui soulignent “la mesure du travail opéré par les secours.”

Dans le secteur de la Glacière, sur la lisière sud, les pompiers du SDIS 974 assurent désormais une mission de surveillance alors que ce flanc a été le premier à être maîtrisé, grâce aussi à l’emploi massif de produit retardant dès le début de l’incendie, comme en témoigne la piste et la végétation colorée de rouge. L’Observatoire de l’Air, située à quelques dizaines de mètres de là, a eu chaud mais est intact. Les points chauds du flanc nord, à quelques 300 mètres du belvédère, sont toujours en cours d’extinction avec le concours des militaires de la sécurité civile.

Cette amélioration notable de la situation a permis de réduire hier la voilure en terme d’effectifs. Alors que 200 hommes étaient sur le terrain jeudi, ce nombre a été ramené à 150 hier (dont les 80 renforts nationaux), et 22 engins. Un seul hélicoptère HBE a été sollicité pour quelques largages. “Il s’agit de ramener aussi un niveau normal de sécurité dans nos casernes du littoral, et notamment le sud-ouest où d’autres incendies peuvent survenir avec la sécheresse actuelle”, précise le commandant Maillot.

 

Sébastien Gignoux

 

 


Le SDIS rassurant sur l’eau des Mafatais

 

Alors que des inquiétudes sont remontées ces derniers jours de la part des Mafatais craignant des infiltrations de produit retardant susceptibles de polluer leur eau potable, le SDIS 974 s’est voulu rassurant à ce sujet. “D’une part, les produits utilisés sont inoffensifs, à base de substances naturels et répondant à la norme européenne” souligne le commandant Maillot. “D’autre part, ces produits sont encore très loin d’entrer au contact des captages d’eau. Au pire, l’eau peut légèrement se colorer, mais sans danger pour la consommation” assure le pompier.

Dans les premiers jours de l’incendie, ce sont 23 000 m3 de retardant qui ont été largués par le Dash-8 de façon massive, afin d’empêcher la propagation des flammes. Au point que le stock réunionnais, aujourd’hui en cours de reconstitution, a été entièrement épuisé.

S. G.

 

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