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SAINT-PAUL. Un agriculteur du Guillaume a retrouvé vendredi matin le cadavre de sa vache Violette, disparue depuis la veille. La bête, qui portait un veau, a été savamment dépecée pour en revendre la viande.
Jeune agriculteur, Kevin Lardal, 28 ans, travaille sur l’exploitation familiale du Guillaume Saint-Paul où il élève une soixantaine de vaches à viande de race Limousine. Vendredi matin, vers 10h, le Saint-Paulois fait une terrible découverte aux confins de ses pâturages situés au pied du Maïdo. Violette, l’une de ses génisses gestantes âgée de 6 ans, gît dans une mare de sang, morte égorgée.
“Elle a été dépecée de toute sa viande, il ne restait que la tête, les pattes, la peau et les os. Ainsi que le petit veau” se désole l’agriculteur. Jeudi, alors qu’il faisait l’appel de son troupeau, trois bêtes manquaient à l’appel. Le soir, vers 18h, deux sont revenues, mais pas Violette. Kevin s’inquiète, entreprend de ratisser à pied avec une lampe les 40 hectares de la propriété jusqu’à tard dans la nuit. Aucune trace de la vache.
“J’ai repris les recherches le lendemain matin, craignant qu’elle ait chuté dans une ravine. C’est là que je l’ai trouvée, près d’une mare d’eau que j’avais pourtant inspectée la veille” explique l’exploitant, choqué. “Je n’y croyais pas. Pour moi, les gens qui ont fait ça savaient très bien ce qu’ils faisaient. Ils devaient être bien outillés pour découper de la sorte une vache de 900 kilos” reprend l’agriculteur, qui soupçonne des voleurs de viande revendant leur butin sous le manteau.
“UN ACTE BARBARE”
“Ce n’était même pas une vache destinée à l’abattoir, mais uniquement à la reproduction. D’ailleurs, comme elle est vermifugée, sa viande est impropre à la consommation” précise Kevin Lardal. Outre la perte d’une bête “très gentille”, l’agriculteur déplore un préjudice d’au moins 4 000 euros, le prix de la vache sur pattes. Tandis que les voleurs, qui peuvent revendre la viande au marché noir entre 10 et 15 euros le kilo, feront un confortable profit avec les 300 kilos de chair prélevés sur la bête.
Comment ont-ils pu accéder à sa propriété ? L’éleveur, qui a partagé sa colère sur les réseaux sociaux, soupçonne les voleurs d’avoirs profité d’une nouvelle piste ouverte par l’ONF pour pouvoir approcher un véhicule contenant les outils et dans lequel charger le butin. “Si j’ai décidé de parler, c’est pour que les gens sachent et qu’ils n’achètent pas de la viande hors des circuits autorisés. Mais aussi pour inviter les autres éleveurs à parler, car je suis certain de ne pas être la seule victime”, affirme Kevin Lardal.
Joint hier par le JIR, l’élu de la chambre d’agriculture dans la région ouest a déploré “un acte barbare.” “Nous condamnons fermement ces pratiques criminelles, qui frappent une filière qui n’avait pas besoin de ça” souligne Julius Métanire, secrétaire de la chambre verte.
La communauté de brigades de gendarmerie de Saint-Paul a été avisée des faits, et une enquête doit être ouverte à la suite du dépôt de plainte de l’agriculteur.
Sébastien Gignoux
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