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SAINT-PAUL. Huit personnes âgées de 20 à 28 ans, dont trois femmes domiciliées en région parisienne comparaissent aujourd’hui devant le tribunal correctionnel dans un dossier de trafic de stupéfiants organisé entre l’île-de-France et Saint-Paul.
L’affaire avait éclaté en décembre 2018, avec une première saisie historique de 20 kg de haschich et 484 g de cocaïne réalisée par les douaniers à l’aéroport de Gillot. Les stupéfiants, dissimulés dans des barils de lessive, étaient transportés par deux mules, un Réunionnais accompagné d’une jeune femme domiciliée en région parisienne. Un autre Réunionnais nommé Karim Attoumani, interpellé alors qu’il devait récupérer la marchandise, reconnaissait être à l’origine de l’opération.
Une information judiciaire était ouverte. Mais à peine un mois plus tard, nouvelle saisie record des douaniers, dans les mêmes circonstances. Deux jeunes femmes, une étudiante infirmière et une joueuse semi-pro de handball de région parisienne, sont arrêtées à Gillot avec dans leurs bagages 200 savonnettes, soit 25 kilos de haschich d’une valeur de 50 000 euros dissimulés dans des bidons de lessives.
MATÉRIEL VIDÉO ET DES PAQUETS CADEAUX
Les deux “mules” affirment avoir été missionnées pour transporter du matériel vidéo pour le tournage d’un clip et ne rien savoir de ce qu’elles transportaient. L’homme qui devait les accueillir, un certain Alan Kali, est interpellé sur parking de la gare routière de Saint-Paul où leur rencontre devait avoir lieu. Le suspect, domicilié en métropole et arrivé quelques jours plus tôt à la Réunion, s’avère être une connaissance de Karim Attoumani. Est-il venu de Paris pour superviser ce coup de rattrapage, après l’onéreuse saisie de décembre ? C’est ce que soupçonnent les policiers de la brigade des stups. Mais malgré ce nouveau coup dur, le réseau ne semble pas prêt à abandonner le business.
Car une nouvelle saisie va intervenir au mois de février, avec l’interception à sa descente d’avion d’un jeune homme en possession de 23,6 kg de résine de cannabis cachée dans des paquets cadeaux au milieu de ses vêtements. Un arrivage raccroché par les enquêteurs aux deux précédents, et qui démontre l’existence d’un réseau bien rodé impliquants jeunes dealers Saint-Paulois et trafiquants de grande banlieue parisienne.
L’enquête, qui n’a pas permis de remonter jusqu’aux fournisseurs, va se conclure par le renvoi en correctionnelle des importateurs réunionnais et de leurs mules parisiennes. L’affaire revient aujourd’hui à l’audience après un renvoi en avril lié à la crise Covid.
S. G.
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