[Faits Divers] Trafic de cocaïne en boîte de nuit : la tête de réseau dealait en fauteuil roulant

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SAINT-PAUL. Trois des six suspects restent en garde à vue dans l’opération anti-drogue menée mardi par les gendarmes de la compagnie de Saint-Paul. La tête d’affiche est un noctambule à fauteuil roulant, soupçonnée de dealer cocaïne et ecstasy dans un night-club de Saint-Gilles.

Dans les milieux interlopes des soirées saint-gilloises, l’homme ne passe pas inaperçu puisqu’il s’affiche en boîte de nuit dans son fauteuil roulant. Et comme il ne cache pas franchement pour se livrer à la revente de cocaïne et de comprimés d’ecstasy, le tuyau a fini par venir aux oreilles des gendarmes de la compagnie de Saint-Paul. C’est ainsi que ces derniers ont ouvert une enquête pour trafic de stupéfiants.

Quelques investigations plus tard, les militaires ont opéré un coup de filet, très tôt mardi matin. Le garçon à mobilité réduite, qui dealait dans son night-club préféré mais aussi auprès d’une clientèle festive plus large, a été interpellé tout comme cinq complices présumés. Trois d’entre eux ont été remis en liberté hier.

Plusieurs perquisitions ont été conduites aux domiciles des intéressés. Les enquêteurs ont découvert une panoplie de téléphones portables qu’ils vont tenter de faire parler. Parmi eux, des téléphones “de guerre”, comme il se dit dans le jargon, difficile à retracer. C’est le lot des trafiquants de drogues qui sont soucieux d’éviter les écoutes téléphoniques. Au domicile d’un des suspects, il y en avait pas moins de cinq par exemple.

 

 

BALANCES DE PRÉCISION ET PAILLES À SNIFER

 

Autre signe annonciateur du trafic : des balances de précision pour peser la marchandise et confectionner des doses avec minutie. Les gendarmes en ont saisi plusieurs chez les gardés à vue. Ils ont aussi découvert des pailles à snifer la cocaïne.

Côté produits stupéfiants, la moisson a été plus modeste avec quelques comprimés d’ecstasy. En revanche, du zamal séché et des pieds de cannabis ont été mis à jour dans plusieurs logements. Les gendarmes comptent naturellement sur les déclarations des uns et des autres pour évaluer l’ampleur des importations qui s’opéraient par l’intermédiaire de mules, en particulier un Saint-Leusien qui était chargé d’acheminer les produits dans l’île.

Quoi qu’il en soit, il semble bien que la petite entreprise de l’homme en fauteuil roulant était juteuse. Ainsi, il a été retrouvé 5 000 euros en espèces chez l’un d’eux. Ce qui témoigne de belles transactions sachant que l’argent brûle généralement les doigts des “stupeux”. Vendredi, le trio devrait être jugé en comparution immédiate. 

 

ERIC LAINE

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