[Faits Divers] Soupçons d’achats de voix : Frédéric Foucque et Christian Clain condamnés à de la prison avec sursis et à de l’inéligibilité

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Poursuivis en correctionnelle, Frédéric Foucque et son directeur de campagne, Christian Clain, ont été jugés ce vendredi au tribunal correctionnel de Saint-Denis.

 

 

L’aventure avortée de Frédéric Foucque pour devenir député de Saint-Denis s’est terminée ce vendredi devant les juges. Soupçonné d’achats de voix à coups de billets de 50 euros lors des législatives de 2017, l’ancien patron de Citroën à la Réunion a été jugé au tribunal correctionnel de Saint-Denis. Il était renvoyé avec à ses côtés, son directeur de campagne, Christian Clain, et un autre membre de son staff, Alain Differnand, ainsi que deux militants ayant été recrutés comme rabatteurs. 

 

Et les peines sont tombées : Un an avec sursis, 10 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité requis contre Frederic Foucque et Christian Clain dans le dossier d’achat de voix.

Six mois avec sursis et 2000 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité requis contre Kepler et Ah Sam, les petites mains.

 

Sur le dossier d’achat de voix : 

– Frédéric Foucque est déclaré coupable et condamné à un an de prison avec sursis 10 000 euros d’amende et 2 an d’inéligibilité

– Clain : coupable et condamné à un an avec sursis 5 000 euros d’amende et 2 an d’inéligibilité

– Kepler coupable et condamné à un an avec sursis 2000 euros d’amende et 2 an d’inéligibilité

– Ah Sam : condamné à un an avec sursis 2 000 euros d’amende et 2 an d’inéligibilité

– Differnand : relaxé

 

 

En mai 2019, l’ex candidat à la députation avait été placé un jour et une nuit en garde à vue. Pour rappel, Frédéric Foucque, qui avait réalisé un score de 3,7% lors de ces législatives à Saint-Denis, avait alors dénoncé des “allégations mensongères” destinées à lui nuire.

 

ENTRE 50 ET 200 EUROS DISTRIBUÉS À DES “PILIERS”

 

Fait rare dans ce type d’affaire, la procédure s’appuie sur trois plaintes circonstanciées et non des la di la fé. Une confrontation a été organisée entre les mis en cause et des anciens militants qui ont tous déclaré la même chose : ils ont touché de l’argent liquide pour faire voter Foucque.

 

L’homme par qui le scandale est arrivé s’appelle Alain Képler, une figure des Camélias, connue des Dionysiens pour son engagement politique et associatif. Ce dernier avait été contacté par le candidat pour mettre à son service sa connaissance du terrain et son entregent. Mais le militant chargé de diffuser la bonne parole estime qu’il a été trahi par Frédéric Foucque et que celui-ci n’a pas tenu ses engagements. Alain Képler a toujours affirmé avoir reçu en présence de Christian Clain la somme de 3500 euros en cash. Selon le militant, il a redistribué 2 000 euros, dont 1 000 pour des achats de voix. Il a aussi remis des sommes comprises entre 50 et 200 euros à des “piliers” ou des “poteaux”. Autrement dit, des chefs de famille ou des personnalités du quartier susceptibles de donner des consignes.

 

Une charge supplémentaire est venue d’une autre personnalité de Saint-Denis, un ancien candidat aux élections et militant anti-chômage, Emmanuel Ah-Sam. Devant les policiers, ce dernier a livré en détail les tarifs pour les achats de voix : 50 euros par personne pour les familles de cinq personnes, 100 à 150 personnes euros pour les grandes familles. Emmanuel Ah-Sam a aussi déclaré qu’il devait rabattre le maximum de gens vers le candidat Foucque qui, avec Christian Clain, lui avait promis une enveloppe de 8 000 euros à distribuer. Selon lui, la campagne des législatives de 2017 devait constituer un galop d’essai pour les municipales de 2020.

 

Alain Képler et Emmanuel Ah-Sam sont également poursuivis devant le tribunal correctionnel. Mais au regard du dossier et de leur rôle dans l’enquête, les juges devraient être beaucoup plus cléments à leurs égards.

 

JÉRÔME TALPIN

 

Photos : Ludovic Laï-Yu 

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