[Faits Divers] SDIS : Le procureur fait appel de la relaxe de Nassimah Dindar

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SAINT-DENIS. Il y a aura donc un second procès de Nassimah Dindar dans l’affaire des embauches au SDIS.

Sans surprise, le procureur de Saint-Denis, Eric Tufféry, a fait appel, ce matin, de la relaxe prononcée mardi dernier par les juges du tribunal correctionnel. Sans surprise car cette décision est aux antipodes de la peine requise lors de l’audience : cinq mois avec sursis et deux ans d’inéligibilité.

 

En rendant le jugement, la présidente du tribunal a indiqué que les preuves des faits reprochés “ne sont pas rapportées”. Et donc que l’ancienne présidente du conseil d’administration du SDIS ne pouvait être déclarée coupable de prise illégale d’intérêt en ayant fait embaucher chez les pompiers la femme de ménage et le jardinier qui travaillaient à son domicile. Une décision saluée par les trois avocats de la prévenue, Mes Omarjee, Gangate et Brossollet rappelant que “la règle fondamentale est de ne pas condamner lorsqu’il existe un doute”.

 

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Dans ses réquisitions, le procureur Eric Tufféry avait démontré tout l’inverse. Pour le magistrat, les faits reprochés étaient caractérisés. Nassimah Dindar est bien “intervenue pour deux de ses connaissances”. L’élue a “court-circuité l’organisation du SDIS” et a “violé les règles”, a-t-il observé. Dans ses réquisitions, le procureur a également qualifié ces deux recrutements de “inhabituels” et observé qu’ils avaient été “possibles par l’intervention de l’autorité, de Mme Dindar”.”Elle a permis à ces deux personnes de passer avant tout le monde”.

 

Nouveau procès à la fin de l’année

 

Cet appel va rassurer l’antenne réunionnaise d’Anticor, l’association de lutte contre la corruption, partie civile au procès, qui a accueilli cette relaxe avec un “goût amer au fond de la gorge”. En prenant connaissance de la décision, le référent local, Jean-Emile de Bollivier, a découvert que, selon les juges, il n’existe pas de preuves matérielles que l’ex-présidente du SDIS a pris la décision d’embaucher son jardin et sa femme de ménage.

 

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S’agissant de cette dernière, Anticor s’est étonnée de l’absence dans la procédure du mail du 23 février 2017 signé du colonel Dominique Fontaine. Dans ce courriel, le directeur adjoint du SDIS demandait à ses services de préparer “à sa signature un CDD en tant qu’agent d’entretien à la demande de Madame la PCASDIS” (présidente du conseil d’administration du SDIS, Ndrl) au bénéfice de la femme de ménage. Ce mail avait occupé une partie des débats lors du procès. Il indique bien que Nassimah Dindar a demandé un CDD mais également qu’elle l’a signé alors que l’élue a toujours affirmé qu’elle n’était pas intervenue dans ce recrutement.

 

Le document est loin d’être introuvable. D’ailleurs, nous nous le sommes procurés (Lire notre édition du 16 avril). Anticor l’a également récupéré. L’association, qui a été déboutée de ses demandes en raison de la relaxe, a décidé de faire appel sur la partie des dommages et intérêts. Ce qui va lui permet de produire ce document lors du procès en appel. Ce dernier devrait être programmé à la fin de l’année.

 

Jérôme Talpin

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