[ad_1]
Le 12 février 2020, un homme perdait brutalement la vie en chutant de six mètres sur un chantier. Son employeur a été condamné par la justice pour homicide involontaire.
Quoi de plus normal, pour une société spécialisée dans le montage et la réparation de toitures que d’équiper ses salariés de casques, baudriers, chaussures de sécurité. Quoi de plus normal qu’elle investisse dans des échafaudages, des filets de sécurité et des accroches pour réaliser ses travaux en hauteur. Cette logique semble avoir échappé au gérant de la société “Toitures Sud”, Dominique B., qui n’en est pas à son coup d’essai. Il aura fallu qu’un homme perde la vie tragiquement pour mettre un coup d’arrêt à la spirale de totale inconscience du chef d’entreprise.
Le 12 février dernier, Dominique B. et son salarié terminent leur journée de travail. Ils montent un faîtage à une hauteur de 6 à 7 mètres sur une maison particulière à Saint-Joseph. Toute la journée, ils ont travaillé sans baudrier, sans filet de sécurité, utilisant deux échelles comme plan de travail pour la découpe des poutres réalisées en hauteur. Les hommes évoluent sur une margelle de 19 cm de largeur. Le temps n’est pas beau et la nuit commence à tomber. En rangeant le chantier, l’ouvrier s’aperçoit qu’il a oublié un outil sur le toit. Il y retourne et c’est en tentant de redescendre qu’il chute et se fracture le crâne. L’homme décède quelques minutes après sa chute.
Son employé mort sous ses yeux, il va chercher un casque dans le camion sans prévenir les secours
Mais la scène qui est ensuite rapportée à la barre du tribunal de Saint-Pierre est surréaliste. Le patron, qui voit donc son employé agoniser ne prévient pas les secours. Par contre, il va chercher un casque de sécurité pour le poser dans la mare de sang, à côté de la dépouille du pauvre malheureux. L’homme s’est-il imaginé alléger son implication en faisant croire que son employé portait un casque au moment de sa chute ? Dominique B. n’était pas présent à la barre ce jeudi matin pour répondre aux interrogations mais la lecture de ses auditions et les témoignages de ses employés laissent sans voix.
Car hier matin était également jugée une deuxième affaire impliquant la société “Toitures Sud”. Celle-ci se déroule le 27 mars 2019 et aurait pu servir d’avertissement au chef d’entreprise. Les mêmes conditions de travail sont décrites par les deux ouvriers victimes d’un grave accident. Ce jour-là, ils montent des feuilles de tôle sans aucune sécurité. “Il fallait aller vite car il nous faisait comprendre qu’il ne gagnait pas beaucoup sur ce chantier-là”, se rappelle l’un des ouvriers.
À 6 mètre de haut, l’une des tôles touche une ligne haute tension. Les deux ouvriers sont alors projetés en contrebas, grièvement blessés et électrocutés. “On avait la peau déchiquetée, on n’arrivait plus à respirer, on s’est vu mourir”, décrit l’une des victimes. “Il y a là une logique commerciale et du profit qui est faite au détriment de l’intégrité physique de ses employés”, analyse la procureure Simona Pavel.
Le tribunal a décidé de condamner le chef d’entreprise à 10 mois de prison ferme et 20.000 euros d’amende, assortis d’une interdiction de gérer une entreprise de BTP à vie dans l’affaire de la chute mortelle. La société a quant à elle été condamnée à 30.000 euros d’amende et écopé d’une fermeture définitive. Pour l’électrocution, le chef d’entreprise a écopé de 10 mois avec sursis, 15.000 euros d’amendes au total, et la société 20.000 euros d’amende.
LAURENCE GILIBERT
[ad_2]
Source link

Have something to say? Leave a comment:
