[Faits Divers] Plaine-des-Cafres : Des chiens errants massacrent une soixantaine de pintades

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PLAINE-DES-CAFRES. Un éleveur de pintades a perdu la moitié de ses volailles en une nuit.

À la veille de la fête des mères, c’est une grosse partie de son chiffre d’affaire que Patrice Payet devra oublier. « Je suis dégoûté, on travaille nuit et jour-là je m’étais levé à quatre heures ce samedi matin pour préparer les commandes pour un restaurant et j’ai vu ça… », déplore l’éleveur. Arrivé sur son exploitation, il voit plus d’une soixantaine de cadavres éparpillés partout, avec les plumes. Plus loin, il retrouve un trou dans sa clôture, par lequel sont entrés les chiens errants. « J’ai des animaux qui sont partis dans les bois je ne sais même pas si ils vont rentrer », s’inquiète l’éleveur de 53 ans, qui estime ses pertes à mille euros environ. Sur son exploitation située à Bois-Court à la Plaine-des-Cafres, il élève six cent volailles, poules pondeuses, coqs, canards et pintades. Il comptait sur la fête des mères pour relancer un peu son activité. « Après le confinement, j’étais content de pouvoir approvisionner les restaurants mais là mon cœur est gros… ». Malgré tout, Patrice Payet ne veut pas se décourager, ce n’est pas la première fois qu’il est victime d’attaques de chiens errants. Son voisin a lui-même été attaqué en début d’année.

« Les attaques ne se sont jamais arrêtées »

Un problème « récurrent » à la Plaine-des-Cafres pour Dominique Gigan, Président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA). « On voudrait demander à la mairie de faire des rondes de ramassage de chiens errants plus souvent et voir avec le Département pour dégager une petite enveloppe. Ces gens travaillent et perdent tout, c’est décourageant ils vont finir par baisser les bras si on continue comme ça… », déplore-t-il.

Un autre éleveur habitué des attaques de chiens errants à répétition sur son élevage de cerfs, Paul Payet explique qu’en fait, les attaques n’ont jamais cessé. L’impact est moins important car ils ont pris les devants en revoyant totalement leur manière de faire de l’élevage mais les attaques continuent.

«Nous veillons la nuit maintenant. Nous avons aménagé nos clôtures, il y a des dizaines d’hectares de pâturages que je n’utilise plus depuis deux ans. Dès que les enclos sont dans des ravines ou de la végétation, on perd nos bêtes. La dernière fois j’ai perdu 28 biches. Le pas que l’on a pu faire avec la gendarmerie et la fourrière, c’est que les chiens abattus sont répertoriés », explique l’éleveur. En deux ans, 95 chiens errants ont été abattus. Aucun d’eux n’étaient puçés ou identifiés.

Car le problème soulevé par tous les éleveurs, ce sont les propriétaires de ces chiens qui les laissent errer à longueur de temps. « Pendant le confinement les gens se baladaient avec leur chien, c’était un moyen de bat’ carré mais maintenant c’est fini, il y a une troupe de plusieurs chiens qui sont tout le temps dans le chemin », s’étonne l’éleveur de pintades. Un point de vue partagé par Dominique Gigan, qui déplore que les animaux ne soient ni stérilisés, ni identifiables.

 

LAURENCE GILIBERT

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