[Faits Divers] L’oncle agresseur de retour devant la justice

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SAINT-DENIS. Devant la cour d’appel comparaissait, hier, G.F., 69 ans, pour des faits d’agression sexuelle remontant à 2015 et 1987.

Tout commence en juin 2017, quand M.R., 12 ans, est convoqué dans le bureau du CPE de son collège suite à un incident en classe. La jeune fille avoue à son CPE qu’elle a été victime d’agression sexuelle entre ses 6 et 10 ans par son oncle. Une plainte est déposée le lendemain, et la collégienne explique aux enquêteurs que tout a commencé lors du décès de son arrière-grand-mère.

 

Lors du déménagement de la maison de cette dernière, son oncle l’aurait emmenée dans la salle de bain avant de l’embrasser de force, de lui montrer son sexe. C’est le début d’un calvaire qui va durer 5 ans et aller crescendo. “Je lui ai demandé d’arrêter à partir du moment où j’ai commencé à avoir mes règles, car j’avais peur de tomber enceinte”, raconte la jeune femme à la barre, d’une voix timide. “J’en ai marre de voir mes parents souffrir, de les voir se tuer au travail pour payer les avocats. Si je témoigne, c’est aussi pour les autres victimes, on en a marre qu’il mente à tout le monde et qu’il se cherche des excuses.”

 

 

Six nièces l’accusent sur une période de 40 ans

 

En effet, il y a d’autres victimes. Six nièces en tout accusent leur oncle, mais une seule a également porté plainte. “Lorsqu’elle a appris que M.R. avait parlé, elle a trouvé le courage de se porter partie civile également”, explique son avocate, Me Emmanuelle Blanc-Noël. Âgée aujourd’hui de presque 40 ans, N.G. accuse le même oncle de lui avoir fait subir les même sévices à 25 ans d’écart. Elle le répète aussitôt à sa mère qui organise une réunion de famille. L’accusatrice est mise en minorité devant le reste de l’assemblée. Cependant l’oncle appellera quelques jours plus tard pour s’excuser. “Pourquoi appelez-vous si vous pensez n’avoir rien fait de mal ?”, interroge le président. “Pour moi, il  n’y avait pas de problème, mais j’ai appelé car ils me reprochaient quelque chose donc je m’excuse”, rétorque le prévenu, pour qui toute cette histoire est un complot. “Pas des enfants, mais des parents”, explique-t-il.

 

“Pourtant les victimes ne se connaissaient pas et l’histoire a éclaté au collège. Rien ne colle avec la version d’un complot”, tacle l’avocat général. “La parole ne suffit pas, il faut l’étayer sur des éléments, pas sur l’émotion. Dans ces affaires-là, c’est la parole de la victime contre l’agresseur. Nous observons des similarités entre les âges des victimes et le mode opératoire. Quand six nièces viennent accuser un oncle sur une période de près de 40 ans, il ne s’agit pas d’un complot”, conclut l’avocat-général avant de requérir six ans de prison ferme, contre quatre en première instance, et une interdiction d’exercer un métier en contact avec des mineurs. La décision finale sera rendue le 27 mai prochain.

 

Maxime Bonnet

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