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SAINT-DENIS. Mercredi après-midi, les policiers de la brigade anti-criminalité ont remarqué la présence de deux hommes au comportement suspect dans le quartier du Butor. Ces derniers, positionnés non loin d’un véhicule de location, se livraient à un curieux manège comme s’ils procédaient à une transaction.
Les policiers auraient pu poursuivre leur chemin mais ils ont décidé de les contrôler. L’un des types était en possession de 3 000 euros en liquide et d’une balance électronique, instrument de précision indispensable pour qui se livre au trafic de stupéfiants. Sur son sac à dos, des traces blanchâtres ont conforté les soupçons des policiers. Le doute n’était presque plus permis. Interrogé, l’homme ne s’est pas dérobé. Il a confirmé qu’il s’agissait de cocaïne.
Inutile de dire que les deux compères ont été escortés au commissariat du Chaudron. Là, leur véhicule a été minutieusement fouillé. Les policiers ont découvert deux valises dans la malle. Surprise, elles contenaient la bagatelle 400 grammes et des poussières de cocaïne. Indéniablement, les policiers de la Bac ont eu le nez creux. Car, entre 80 et 120 euros le gramme à la revente, la valeur marchande saisie mercredi dépasse les 40 000 euros.
UNE MULE, DES OVULES ET DES LAXATIFS
La poudre – dont il faudra mesurer le degré de pureté – était encore conditionnée dans des dizaines d’ovules d’une quinzaine de grammes au moins. Preuve qu’elle était fraîchement arrivée par avion de métropole. C’est d’autant plus vrai qu’une femme se trouvait à bord du véhicule loué par un des trafiquants présumés. Placée elle aussi en garde à vue, elle est suspectée d’avoir joué le rôle de « mule ». D’ailleurs, des laxatifs ont été découverts par les enquêteurs qui signifie que la sortie des ovules a été précipitée à dessein. Mais l’importante quantité de drogue saisie semble indiquer que « la mule » n’était peut-être pas seule à voyager pour le compte du réseau.
Tout le monde sait que ces fameuses boulettes sont ingérées par de jeunes femmes au casier judiciaire vierge et généralement recrutées en banlieue parisienne pour permettre un acheminement en toute discrétion. Ces derniers mois, plusieurs de ces petites mains ont agi de la sorte pour une poignée de billets, interceptées à leur descente d’avion par les douaniers et avec souvent un ticket pour Domenjod en prime. Ces arrestations, ainsi que le démantèlement de plusieurs filières, ont peut-être suscité de nouvelles vocations.
Les trois suspects arrêtés mercredi détiennent une partie de la vérité sur ce trafic si tenté qu’ils acceptent de se mettre à table. L’un, originaire de Mayotte tout comme « la mule », et l’autre, un Zaïrois établi en Ile-de-France, peuvent rester pendant 96 heures aux mains des policiers de la brigade des stupéfiants de la sûreté départementale. C’est suffisant pour livrer les grandes lignes d’un trafic de cocaïne de joli calibre.
Eric Lainé
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