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JUSTICE. Un agriculteur saint-pierrois a effectué des constructions illégales, qu’il loue encore jusqu’à présent à plusieurs sociétés, dont un club libertin.
Les adeptes sudistes de l’échangisme n’ont décidément pas de chance. Déjà fortement impactés par la fermeture de leur club La Maison des Filaos à cause des dernières mesures préfectorales concernant le Covid, ils pourraient bien être amenés à changer leurs habitudes. “Nous sommes victimes dans cette affaire car nous avons toujours payé nos loyers, qui s’élèvent tout de même à 2 000 euros. J’ai énormément investi dans le club avec des travaux d’aménagement”, nous confie Steeve, le gérant de La Maison des Filaos. Et pour cause, il pourrait bientôt se retrouver à la porte. Le propriétaire des lieux a édifié plus de 1 500m2 de constructions, extensions, aménagements à visée commerciale, dans la plus grand illégalité, en pleine zone agricole protégée. “C’était pour payer ma dette envers les impôts, je n’avais pas d’autre solution”, déclarait à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Pierre ce mardi, l’agriculteur en question.
Jusqu’à 5 000 euros de loyer
Producteur de foin, il a en fait loué ses locaux pour des montants allant de 800 à 5 000 euros par mois. Il est ainsi assuré un revenu confortable au fil des années, plus de 90 000 euros perçus en 2019. Épinglé par la Daaf (Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt) de La Réunion, il a donc dû s’expliquer sur la différence entre les plans présentés pour la demande de permis de construire et la réalité. Car sur le papier, il devait construire un centre de formation pour l’aide à la personne. Il semble plutôt qu’il n’ait aidé personne, si ce n’est lui-même, un point qui agace fortement le parquet.
“Il faut à tout prix éviter le grignotage du territoire. Que vont manger ses enfants, ses petits-enfants si il n’y a plus de terres agricoles ? Il faut éviter la spéculation de ce territoire en missouk et l’exploitation des failles du système”, s’insurge le procureur Benoît Bernard, avant de demander la “démolition totale” des bâtiments. “Le délit urbanistique ne doit pas payer”, déclare le procureur, demandant la condamnation de l’homme mais également de sa SCI, avec une amende de 100 000 euros chacun. Le tribunal prendra sa décision à la fin du mois de mai.
Maison libertine cherche emplacement
Car l’affaire pourrait bien avoir une suite concernant les dédommagements. En effet, une autre parcelle à proximité, sur laquelle est implantée une salle de crossfit pourrait aussi être dans le même cas de figure. Steeve, le gérant de La Maison des Filaos s’est quant à lui déjà fait une raison. “On va rester jusqu’au bout, mais on se projette aussi sur l’avenir. Ce qui est sûr, c’est que la Maison des Filaos sera toujours là, sur Saint-Pierre. On est à la recherche de nouveaux locaux, en règle cette fois-ci !” À bon entendeur…
LAURENCE GILIBERT
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