[Faits Divers] Les burgers de papa pas du goût de tout le monde

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SAINT-DENIS. La franchise les Burgers de papa, installée sur l’île depuis bientôt deux ans, a pris l’habitude d’arroser ses aficionados avec des pubs à l’humour trash, noir ou décalé. Jugés beaucoup trop limites, certains posts Facebook ont été lourdement critiqués. Des excuses en ligne sont apparues en parallèle d’un dépôt de plainte.

“Grattez les boules de papa”, “Un burger trèèèès cochon”, “Ça déchire sa maman”, “Ça mouille hein”, un code promo baptisé “Sadique”… décalage ou dérapage ? Les slogans tapageurs de l’enseigne les Burgers de Papa, dont un restaurant a ouvert ses portes en novembre 2018 à Saint-Denis, ont pour objectif et comme effet de faire réagir. Opération réussie, puisque les punchlines restent en tête et les montages et autres mèmes ont souvent droit à une salve de commentaires et de réactions. Parfois amusées, parfois moins… 

 

Hier, et au moment même où la page réunionnaise de la franchise publiait des excuses (voir encadré), une plainte avec constitution de partie civile était en effet déposée auprès du procureur de la République pour dénoncer des faits de discrimination. Les publicités en cause, mettant par exemple en scène un Donald Trump hautain qui s’attendait “à une toute autre poulette“, ont depuis été retirées du site. Mais les archives de la foisonnante page actualisée quotidiennement en photos de fromage fondu et autres steaks saignants, conservent encore des pépites de mauvais goût assumé à la tonalité parfois sordide. 

 

C’est ainsi neuf associations de défense des droits de la famille, comme l’association EPA (Ecoute-moi, protège-moi, aide-moi) ou encore le Cevif (collectif pour l’élimination des violences intra familiales), qui se sont constituées parties civiles dans l’affaire. Dénonçant des “images suggestives qui entremêlent nourriture et sexualité“, les plaignants, représentés par Me Alex Vardin, rappellent que les visiteurs de ces pages ne sont “pas tous armés pour comprendre” ces références symboliques à la sexualité. “Beaucoup y vont simplement pour voir les offres et promotions“, constate simplement la présidente d’EPA, Évelyne Olivieri. “C’est déjà difficile de soutenir les enfants et les femmes victimes de violences. Alors voir encore et encore ce type d’image être véhiculée, c’est malsain et dangereux“. 

 

 

Bad buzz

 

L’histoire qui nous occupe aujourd’hui, n’est pas sans rappeler le scandale qui avait vu le jour avec la diffusion de la publicité d’une autre chaîne de burger, originaire de Belgique cette fois. Un homme assénait un violent coup de poing à une femme, s’insurgeant de s’être fait proposer un “faux Bicky Burger“. Comme pour d’autres pubs en leur temps et lieux respectifs, plaintes et réactions diverses, depuis les consommateurs aux grands de ce monde, avaient rapidement envahi l’espace publique. “On ne fait pas du fric sur le dos des femmes ou sur les violences faites aux femmes“, avait tonné Bénédictine Linard, ministre des Droits des femmes du pays. En bien ou en mal, du moment qu’on en parle… Le credo du bon-buzz / bad-buzz semble désormais quelque peu éculé. 

 

On pourrait contrebalancer l’affaire locale en retenant que pour la fête des mères, les Burgers de papa étaient devenus les Burgers de maman, avec de belles réductions à la clé pour celles-ci. Mais ce n’est pas de deux extrêmes qu’on fait un équilibre. “L’adulte fait la part des choses, et je comprends tout à fait l’humour et la dérision. Mais le problème c’est que beaucoup d’enfants et d’ados sont susceptibles de voir ces images, sans nuancer la symbolique qui est véhiculée“. 

 

Les différentes boutiques des Burgers de Papa en métropole et outre-mer, se réunissent autour d’une communication assez similaire. Selon nos informations, une plainte devrait également être déposée auprès du parquet de Lyon par Me Najet Mallem. Le siège social de la société est justement installé en région lyonnaise, à Tassin-La-Demi-Lune. 

 

J.G.  

 



Des excuses en ligne

 

Nous avons tenté à plusieurs reprises de joindre par téléphone hier soir le restaurant installé sur l’île. En l’absence de retour, nous publions ci-dessous le message posté hier sur les réseaux sociaux et rédigé a priori sans lien avec le dépôt de plainte mais en réaction à des messages et commentaires. 

 

Suite aux accusations portées à l’encontre de la marque, concernant les deux publications à vocation humoristiques postées sur cette page Facebook, nous tenons d’abord à présenter nos excuses à toutes les personnes que ces publications ont pu offenser. Les Burgers de Papa n’ont en aucun cas, voulu heurter la sensibilité de qui que ce soit et nous avons réalisé immédiatement les modifications qui s’imposaient sur toutes nos plateformes. Depuis son lancement en 2013, notre entreprise se veut positive et engagée, cet engagement passe par la dénonciation via l’humour noir de certains faits ou personnes dont nous n’apprécions nullement le comportement. Nous sommes conscients que cette tentative de dénonciation du sexisme ait pu être mal interprétée et dorénavant nous serons beaucoup plus vigilants quant à la portée de nos messages“.

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clicanoo

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