[Faits Divers] L’enseignant voyeur jugé pour viol sur son élève autiste

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COUR CRIMINELLE. Thomas, enseignant dans un IME de 2011 à 2018, a, au cours de ces années, filmé sous les jupes et pris en photos les fesses de ses collègues. Il aurait également abusé d’une de ses élèves mineure et autiste. Son procès pour viol débute ce jour à la cour d’appel de Saint-Denis. Il se poursuivra jusqu’à demain.

Une professeure de l’IME où exerçait Thomas (*) s’est rendue compte qu’il filmait, ou prenait en photos ses fesses, dès qu’elle avait le dos tourné. Mais ce n’est qu’une victime parmi tant d’autres. Une autre a également précisé qu’elle faisait en sorte de ne plus porter de jupe ou de robe lors des réunions. Elles sont 5 au total à avoir porté plainte à son encontre, toutes enseignantes et collègues de l’accusé. D’autres sont cependant tombées des nues lorsqu’elles ont eu connaissance des images qui les mettaient en scène.

 

Lors de la perquisition de son domicile, les policiers ont mis la main sur trois unités centrales, où un grand nombre d’images de ses consœurs ont été retrouvées. Aucune gêne à avouer qu’il les trouvait jolies et ressentait du plaisir. Il a indiqué avoir des problèmes d’érection depuis plusieurs années. Un fait confirmé par sa femme, bien que selon elle, son mari était uniquement stressé par son travail. Elle n’aurait jamais pu l’imaginer être l’auteur des faits qu’il a pourtant reconnus.

 

 

Il étalait son sperme sur des gâteaux

 

Les enquêteurs ont également fait la découverte de fichiers aux noms plus qu’évocateurs. Une grande série s’intitulait “Estelle (*) mangeuse de… au sperme de Thomas”, suivi de la date. L’accusé aurait en effet, à plusieurs reprises, étalé sa propre semence sur des pâtisseries ou sucreries, avant de les offrir à ses collègues et de les filmer les manger.

 

D’autres images montraient une certaine Claire (*), une élève autiste dont Thomas était en charge. La maman de la jeune fille note qu’elle était rentrée une fois avec du sang dans la culotte. Elle pensait alors que c’était ses règles mais l’action ne s’est pas reproduite. Malgré les faits qu’elle relate, la mère n’aurait jamais imaginé cela de Thomas qu’elle décrit comme aimable et poli. La directrice de l’école évoque à son tour une personne discrète et réservée.

 

Thomas admet avoir touché les seins, les fesses ainsi que le sexe de Claire mais nie avoir mis la main dans son vagin. Or une vidéo intitulée “chatte de Claire” montre la scène de l’accusé introduisant ses doigts entre ses lèvres vaginales. La jeune fille a même avoué à sa grande sœur que son professeur avait mis “ses gros doigts et son zizi dans sa grotte”.

 

 

Des fellations 2 fois par mois

 

Décrite par sa psychologue comme ayant un âge mental de 6 ans, son agresseur l’aurait choisie pour son incapacité à communiquer. Les attouchements auraient débuté en 2016 et les fellations un an plus tard. Les scènes se déroulaient toujours dans sa classe, avec des fellations environ un mercredi sur deux. Des vidéos prouvent que certains attouchements ont même eu lieu alors que d’autres élèves étaient à proximité. Les déclarations de Claire au sujet de ces fellations “miam miam sexe” prouvent son côté limité.

 

Thomas, reconnaissant tous les faits qui lui sont reprochés hormis les pénétrations vaginales, a alors été mis en examen pour viol sur mineur. L’accusé minimise ses actions et déclare même que Claire aurait eu un comportement provocateur envers lui. Or, bien qu’aucune pathologie mentale n’ait été détectée, l’examen psychiatrique a prouvé le trait pervers de sa personnalité. C’est Me Georges-André Hoarau qui défendra le quinquagénaire pendant ces deux jours de procès à la cour d’appel de Saint-Denis. Claire sera, quant à elle, représentée par Me Anna Ferrere.

 

Charline Bakowski

 

(*) prénoms d’emprunt.

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