[Faits Divers] “La vérité est ailleurs et elle est plutôt dans le camp de nos clients” plaident les avocats des “Anges”

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Le délai peut paraître long mais les avocats le justifient « nous avons fait le choix de ne pas communiquer dans un souci d’apaisement, de sécurité pour nos clients puisqu’on a vu des discours outranciers, des appels à la haine, des masses de gens extrêmement agressifs devant le commissariat. Donc en accord avec la production, nous avons choisi de rester un petit peu en retrait, de laisser le temps à l’enquête, de laisser le temps aux auditions. »

 

De nouveaux éléments qui pourraient changer la tournure de l’enquête

 

Les avocats des « Anges » mettent l’accent sur de nouvelles vidéos qui pourraient être déterminantes dans ce dossier « comme il fallait s’en douter et malgré les efforts qui ont été faits par certains pour dissimuler certaines images, des films sont sortis notamment à travers certains sites de blogueurs, de Youtube, des films qui ont permis à chacun de prendre conscience de la vraie réalité contre les versions tronquées qui ont été servies depuis dimanche au travers de 15 ou 20 interviews » affirme Me Payen, l’avocat de Ricardo Pinto avant d’ajouter « la vérité est ailleurs et elle est plutôt dans le camps de nos clients ».

 

Le conseil de Nehuda explique « on a des vidéos qui nous parviennent, on essaie de compiler toutes les vidéos qui apparaissent qui nous permettent d’avoir une lisibilité sur les événements. J’ai découvert par exemple hier soir, une vidéo sur laquelle on voit ma cliente se faire pousser, elle ne donne aucun coup, elle tombe à la renverse. Ça, c’est un matériel que l’on va transmettre aux enquêteurs et qu’ils vont exploiter. »

 

 

Le fils de Joé Bédier dans le viseur des avocats

 

Me Payen décrit ensuite « un individu avec une chemise bleue qui vient porter avec une extrême violence, des coups de poing, des coups de pied à monsieur Pinto qui s’effondre et qui se fait littéralement défoncer ». Pour Me Payen, la victime dans cette histoire, c’est son client et cela ne fait aucun doute. Les images prouveraient que la version du clan Bédier est totalement « démentie ». L’avocat lance une petite pique « il est à remarquer que nos clients ont fait le choix d’avocats réunionnais tandis que d’autres qui se font les chantres de la créolité sont allés chercher un avocat parisien pour les défendre et dire les pires insanités ».

 

La parole passe à Me Mardenalom, le conseil de Nehuda. L’avocat met à mal la version donnée par le clan Bédier, « comment ce type a pu être frappé par trois personnes ‘très balèzes’, disait-il, ‘des colosses’, et pourtant, son visage est parfaitement immaculé? » L’avocat d’ajouter « à travers ces interviews, Joé Bédier nous décrit tous les membres de sa famille, sauf un. Et donc on se dit ‘c’est bizarre ‘. » Selon lui, cet individu serait l’homme en bleu décrit plus tôt par son confrère, le fils de Joé Bédier. « C’est curieux que dans les trois interviews qu’il fait l’après-midi, il n’évoque jamais son fils. Je trouve que ça sent le soufre… » commente-t-il.

Pour les conseils des « Anges », le fils de Joé Bédier a joué un rôle « pro-actif » dans cette altercation. « Lui se déchaine, coups de pied, coups de poing » détaille Me Mardenalom.

 

Des avocats qui s’interrogent également sur l’attitude de Joé Bédier « ce que l’on trouve beaucoup plus grave, c’est cette instrumentalisation, cette mystification à laquelle se livre un élu qui consiste à abuser à des autorités judiciaires, des élus qui prennent partie dès dimanche après-midi qui prennent faits et causes pour lui, un préfet qui intervient et pourquoi pas un secrétaire d’état à l’Outre-mer ».

 

 

Une version bien différente sur l’origine du conflit

 

 

Pour l’avocat de Nehuda, la requête du couple de ne pas être filmé est légitime « toute personne fut-elle de notoriété a le droit à un moment d’intimité. Ils sont avec leur fille, ils sont en train de déjeuner, ils ne sont pas en train de participer à une émission donc le fait que la production demande à ce que personne ne prenne des photos volées, car tout autre photo est autorisée puisqu’ils n’ont de cesse de faire des séances photos ».

 

Selon Me Lefèvre, l’origine de l’incident est bien différente de celle donnée par le clan Bédier. Sa cliente, l’accompagnatrice qui fait partie de la production aurait été agressée « à un moment, il est apparu qu’il y avait beaucoup d’images, de vidéos prises à l’insu de ces candidats qui apparaissaient sur le web. Ma cliente en a profité pour faire une allocution générale en indiquant aux gens de façon respectueuse de ne pas filmer les candidats à leur insu. Elle s’est d’abord adressé à une table et c’est en s’adressant à une autre table qu’elle a commencé à se faire agresser verbalement, violemment, en français, en créole. […] Elle ne pensait pas qu’il y aurait un tel déchainement, elle a l’impression d’avoir été piégée car il y a un sentiment d’injustice. Après avoir détaillé les conséquences que cette affaire auront dans la vie professionnelle de sa cliente, l’avocate ajoute « c’est une jeune femme de 27 ans qui par sa taille, par son gabarit n’a rien d’un agent de sécurité. Ce n’est pas un garde du corps ».

 

L’avocate ajoute que finalement, l’histoire des photos est secondaire, sa cliente aurait surtout été la cible d’insultes violentes « elle fait une demande légitime, il est question de droit à l’image et il y a une tablée qui commence à l’agresser verbalement, à l’invectiver, à l’insulter, on va lui dire à plusieurs reprises ’t’es moche, c’est pas toi qu’on veut, dégage’ […] elle se sent agressée, elle se sent humiliée. Une partie de la salle rit aux propos qui sont tenus et à partir de là, il y a une partie de l’équipe, notamment Nehuda qui va intervenir pour la protéger. Le démarrage, c’est ça. »

 

Ricardo Pinto, voyant sa compagne se faire agresser se lève et est pris à partie selon son avocat.

 

Me Payen explique qu’à la fin de l’altercation, son client a tenté de faire amende honorable « il s’est dit, je vais redescendre de ma chambre, on va se serrer la main, on va dire tout ça c’est terminé et on va pouvoir reprendre notre chemin normal mais là encore, quand il est redescendu de sa chambre, il s’est fait de nouveau agresser par les consorts Bédier et la population qu’il avait rameutée à cet endroit là ».

 

 

“Tout cela n’est qu’un montage”

 

« Nos clients ont été entendus une petite heure sur toute cette garde à vue parce qu’on s’est aperçus que leurs versions étaient tout à fait crédibles et concordantes alors qu’ils ont été entendus séparément. On s’est donc dit que tout cela n’était qu’un montage et c’est ce que sont venues confirmer ces images » détaille l’avocat de Ricardo Pinto, pour lui, son client est la victime dans cette histoire « monsieur Pinto n’a pas à s’excuser, c’est bien lui qui s’est fait agresser ». Me Payen décrit une perte pour la production, pour les candidats et pour La Réunion « mais en tout cas, ce n’est pas de leur faute ».

 

Pour les avocats, il n’est pas question, pour leurs clients, de faire le buzz. « On a un tournage avec 70 personnes qui a été annulé, donc on a un préjudice à six chiffres donc à un moment, on va aller chercher des comptes […] donc s’il s’avère qu’il y a une mystification, qu’il y a une instrumentalisation pour protéger l’un des nôtres qui était dans un état d’excitation extrême à la table de cet élu, et bien on dirigera nos demandes contre ceux qui sont responsables de l’annulation de ce tournage […] qui se complait dans la victimisation si ce n’est l’autre partie depuis le début de cette affaire ».

 

 

Pas alcool, pas de drogue, pas de casier judiciaire

 

 

Sur la question de la consommation d’alcool ou de stupéfiant qui aurait pu exacerber les tensions et qui a été mise en avant par Joé Bédier, selon son avocat, à son arrivée à Malartic, Ricardo aurait demandé à ce que des analyses soient faites « les policiers ont voulu l’emmener dans le camion mais la foule devant le commissariat a empêché le véhicule des policiers de pouvoir sortir pour faire cette analyse » détaille Me Payen avant d’ajouter qu’à son arrivée sur le territoire métropolitain, son client s’est directement rendu dans un laboratoire pour faire une prise de sang. Selon l’avocat, les résultats sont connus d’avance « il n’y a absolument aucune consommation de drogue, aucune consommation d’alcool, c’est interdit en plus par leur contrat ».

 

 

Questionné sur le casier judiciaire de son client, Me Payen affirme qu’il est vierge « j’ai un bulletin numéro 3 néant, peut-être qu’il a été condamné car tout ne figure pas sur le bulletin numéro 3 mais toute condamnation suffisamment grave y apparait […] j’en déduis que ce n’est pas un grand délinquant comme certains voudraient le faire croire »

 

 

“La vérité est ailleurs et elle plutôt dans le camp de nos clients”

 

Les avocats des « Anges » considèrent que leurs clients sont les victimes « on va se constituer parties civiles contre les consorts Bédier qui ont porté les coups et les gens qui étaient autour et qui en ont fait de même ». Sur l’enquête, Me Payen indique « les plaintes sont instruites de part et d’autres « pour les violences, pour l’incitation à la haine, pour les insultes qui ont été proférées… il y a plusieurs infractions pour lesquelles le parquet instruit ». Les avocats se veulent confiants « on n’est pas inquiets outre mesure sur l’issue de cette affaire […] Nous n’avons pas d’inquiétude particulière sur ce dossier et si on doit en répondre, on le fera ». Ce sont donc leurs clients qui auraient été agressés « je n’ai vu aucune vidéo où il y a des coups portés de notre coté. Je n’ai vu que des vidéos de personnes du camp adverse qui tapent ».

 

 

Tournage annulé… ou pas

 

Les conseils des « Anges » donnent également des précisions sur les raisons de l’annulation du tournage des « Vacances des Anges » à La Réunion « ce n’est pas la production qui a décidé d’annuler le tournage. D’abord, ils se sont retirer les autorisations parce qu’ils doivent tourner dans une villa mais aussi à l’extérieur par les élus en charge (la mairie de Saint-Paul ndlr) », les avocats déplorent que la présomption d’innocence n’ait pas été respectée.

 

Pour les avocats, la raison de l’altercation n’aurait rien de politique « pour moi, c’est beaucoup plus bas que ça, c’est plutôt ‘on est des élus, on est en famille donc on veut pas qu’on nous interpelle et on a droit d’apostropher la tablée d’à-côté et on pense que ça ne va pas réagir’ »

Le préjudice s’élèverait à « plusieurs centaines de milliers d’euros » pour la production et l’idée d’un tournage à La Réunion ne serait pas définitivement écartée par la Grosse équipe « tous les candidats ne sont pas partis » mais les avocats des Anges indiquent qu’une fois le climat apaisé, il n’est pas exclu que le tournage reprenne à La Réunion.

 

F.H

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