[Faits Divers] Injures aux Réunionnais : le procès de Brigitte Bardot renvoyé au 1er juillet

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TRIBUNAL CORRECTIONNEL. Prévu aujourd’hui, le procès de Brigitte Bardot pour ses injures raciales proférées à l’encontre des Réunionnais pouvait faire l’objet d’un nouveau renvoi,  après avoir déjà été reporté. C’est chose faite : il faudra attendre le 1er juillet prochain pour que la justice soit rendue dans cette affaire. 

– réactualisé à 15h – 

Me Philippe Kelidjian, l’avocat parisien de l’ex-star du cinéma Français, a écrit aux juges pour leur expliquer qu’en raison de la crise sanitaire, il ne pouvait se rendre à la Réunion. La faute aux mesures de restrictions portant sur les vols, en particulier l’obligation d’observer une période d’isolement de sept jours. L’avocat du responsable de la communication de la fondation Brigitte Bardot, lui aussi poursuivi, a également sollicité un renvoi. 

Le tribunal correctionnel devait ce jeudi statuer sur ces demandes. Me Philippe Pressecq, le conseil de plusieurs parties civiles (le Mrap, SOS Racisme) est lui, farouchement opposé à un renvoi et dit être prêt à plaider en déplorant que le virus du Covid-19 soit mêlé à tort et à travers à diverses demandes de renvois. La Ligue des droits de l’Homme, la fédération des associations tamoules, la Licra sont également parties civiles.

 

 

“GÊNES DE SAUVAGES”

 

Pour rappel, Brigitte Bardot, présidente de sa fondation pour le bien-être animal, avait adressé le 18 mars 2019 une lettre au préfet de la Réunion dans laquelle elle stigmatisait les Réunionnais en s’indignant du traitement réservé à certaines espèces. “Les autochtones ont gardé leurs gênes de sauvages, mais les lois françaises sont faites pour être respectées et c’est votre fonction de les mettre en applications”, écrivait l’interprète du Mépris déjà condamnée pour incitation à la haine raciale. L’ex-égérie de Roger Vadim avait aussi parlé de la “sauvagerie” de la Réunion et “des chiens, des chats pris pour cible par une population dégénérée encore imprégnée des coutumes ancestrales, des traditions barbares qui sont leurs souches”. “Tout ça a des réminiscences de cannibalisme des siècles passés”.

Dans son ordonnance rendue en avril dernier, le juge d’instruction a retenu “des expressions outrageantes, des termes de mépris ou des invectives” tenues à l’égard de la population réunionnaise. Dans son réquisitoire demandant le renvoi en correctionnelle, le procureur Eric Tufféry observait : “Nul ne niera que Mme Bardot a mené des combats légitimes pour qu’il soit mis fin à certaines pratiques qui n’étaient plus tolérables […] La force de l’engagement de Mme Bardot ne saurait cependant justifier qu’elle ait injurié de façon globale des êtres humains en laissant croire que les sévices à animaux étaient le fait de l’ensemble des habitants de la Réunion.”

En cas de renvoi, il y a peu de chance que Brigitte Bardot se déplace pour son futur procès car, à 86 ans, elle dit ne plus voyager. Dans une interview au JIR, l’ex-star s’était défendue d’être raciste : “Oui, j’ai eu tort d’accuser globalement la population de l’île, de mettre tout le monde dans le même panier. Il y a sur l’île des gens formidables avec lesquels nous travaillons. Il y a aussi des êtres humains qui se comportent comme tels. Mais dans ma rage je les ai oubliés, du reste je m’en suis excusée officiellement”.

 

Jérôme Talpin

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