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SAINTE-SUZANNE. Dans le collimateur des gendarmes depuis six mois, trois hommes se servant d’internet pour leur commerce ont été interpellés en flagrant délit de vente de stupéfiants jeudi. Et les perquisitions ont été très fructueuses.
Le commerce en ligne n’est décidément plus l’apanage des seuls Amazon ou Cdiscount. Comme ont pu le constater les gendarmes de la brigade des recherches de Saint-Benoît, internet est désormais un outil également bien maîtrisé par les revendeurs de marchandises illicites, à l’image de ce trio interpellé en flagrant délit de trafic de stupéfiants au terme d’une longue enquête.
Depuis le mois de juin, les militaires planchaient sur les transactions opérées dans le département via un site d’échange de marchandises entre particuliers ayant pignon sur rue. Sauf qu’au lieu de se revendre des poussettes ou des vélos d’occasion, c’est un véritable “marketplace” des stupéfiants -avec possibilité de règlement par paypal- que les enquêteurs mettaient au jour.
Au terme de plusieurs mois d’investigations, ils identifiaient l’un des principaux animateurs du réseau : un Sainte-Suzannois d’une trentaine d’années, ambulancier de profession. Pressentant une transaction prochaine, les militaires mettaient en place jeudi dernier un dispositif d’interception du côté de Saint-Denis, à proximité du domicile d’un des “associés” du suspect où le rendez-vous était prévu.
Le coup de filet est fructueux : les deux hommes, ainsi qu’un second Dionysien de 29 ans, sont pris en pleine transaction de drogue sur un parking. Tous trois sont placés en garde à vue pour une durée de 96 heures.
Pendant ce temps-là, leurs domiciles sont perquisitionnés, permettant la découverte de toutes sortes de produits : 63 cachets d’ecstasy, cinq cristaux de MDMA, 40 cachets d’Artane, 1,2 kg de zamal séché et 10 g de résine de cannabis.
DES ARMES ET DES FAUX DE MARQUE
Mais les gendarmes vont aussi saisir 1300 euros en liquide, une box de culture indoor de cannabis, deux matraques télescopiques, un pistolet taser, et un pistolet gomme-cogne. Bref, tout l’attirail du parfait dealer. Et les enquêteurs ne sont pas au bout de leurs surprises.
Chez l’ambulancier, ils mettent également la main sur une importante quantité de vêtements et accessoires de contrefaçons : dix paires de Nike Air Max, des polos et sweats Lacoste, des chemises Eden Park ou encore des pantalons Bugatti, tous contrefaits.
Un business frauduleux ayant conduit à un enrichissement illicite de l’ambulancier, dont deux véhicules ont été saisis : une Mercedes Classe C et un SUV Nissan Qashqai. Les investigations ont permis d’estimer les bénéfices réalisés depuis le mois de juin aux environs de 25 000 euros, rien que sur le trafic de stupéfiants. S’agissant des contrefaçons, une nouvelle enquête préliminaire a été ouverte.
Déférés hier au palais de justice, les trois hommes devaient être jugés selon la procédure de comparution immédiate pour trafic de stupéfiants, les faits les plus anciens reconnus remontant à janvier 2016. Ayant demandé un délai pour préparer leur défense, les trois hommes ne présentant pas d’antécédents ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire.
Sébastien Gignoux
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