[Faits Divers] Il fonce sur les gendarmes : 18 mois de prison confirmés pour le chauffard

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Bras-Panon. Condamné à six mois de prison ferme et un an de sursis en première instance le 15 mars dernier, le prévenu a été rejugé hier en appel.

Sa folle course-poursuite dans les rues de Bras-Panon va marquer les esprits des gendarmes de Saint-Benoît pour longtemps. Presque un mois après son jugement en comparution immédiate, Joanick était de retour, hier, devant la justice. 

Tout commence le jeudi 11 mars. Avec son dalon, ils enchaînent les verres de bières et de whisky-coca l’après-midi. Arrive le début du couvre-feu, ils décident de se rendre tous les deux à Saint-Louis, ivres, au volant d’une Volkswagen Golf tunée. “On voulait sortir un peu pour rouler”, explique le prévenu, en sanglots devant la cour d’appel de Saint-Denis. 

Dans la soirée, ils retournent à leur point de départ, direction Bras-Panon. Le jeune homme conduit la voiture de son dalon, incapable de marcher à cause de l’alcool. Vers quatre heures du matin, il croise une patrouille de gendarmes sur la RN2, alors qu’il était presque rentré chez lui. Pris de panique, il fonce dans les rues de Bras-Panon pour fuir le contrôle routier des militaires.

 

 

Tir d’un des gendarmes

 

Les gendarmes le perdent de vue mais tracent le véhicule à la fumée noire qu’il dégage. Au niveau de la rue des Senteurs, ils aperçoivent la Golf et bloquent le passage au fuyard. Deux militaires sortent de leur véhicule pour interpeller le prévenu. Le premier braque son arme en direction du jeune homme, le sommant de se rendre. Le prévenu enclenche la marche arrière, avant de leur foncer dessus. Le militaire range son arme et se protège en s’appuyant sur le capot. Joanick percute leur véhicule au niveau de la porte avant-droite. 
Au moment de l’impact, le second gendarme, positionné plus à droite de la scène, tire. La balle traverse le pare-brise et atteint la cuisse du passager, laissant des “liaisons abrasives” comme séquelles. En 30 ans de service, c’était la première fois que le militaire se servait de son arme. “J’ai vu à son regard qu’il était prêt à tout”, précise un des gendarmes lors de sa déposition. 

Les deux dalons s’enfuient. Dans sa course folle, Joanick prend un dos d’âne trop violemment et casse le moteur de la Golf. Les deux dalons sont vite interpellés par les forces de l’ordre. Le prévenu est contrôlé avec un taux d’alcoolémie de 1,5 gramme par litre de sang.

 

 

“Il a compris la sanction”

 

“J’ai paniqué. Sous la peur, je n’ai pas réfléchi. Dieu merci, rien n’est arrivé plus que ça. Je suis désolé”, se confond le prévenu en excuses. “Ce sont des faits gravissimes. On a évité la cour d’assises à quelques centimètres”, assène l’avocat général Benoît Delepoulle. En appel, il a requis la peine de trois ans de prison dont un an de sursis.

“Il a fait une repentance sincère. Il a compris la sanction. Ce ne sont pas des larmes de crocodile, elles sont sincères. Le travail et l’insertion sont les meilleurs gages de tranquillité pour Monsieur et pour la société”, plaide Alex Vardin, l’avocat de la défense. Il a eu gain de cause et Joanick a reçu la même peine qu’en première instance, 18 mois de prison dont un an de sursis.

 

Benoît Donnadieu

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