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ASSISES. Hier a débuté le premier procès de 2021, celui de Joachim M. et Abdou H.pour le meurtre de Julian Robert en 2017. Ils encourent 30 ans de réclusion criminelle. Les débats se poursuivront jusqu’à un verdict attendu demain en fin de journée. Aujourd’hui seront entendus d’autres témoins ainsi que les accusés sur leurs versions des faits.
Pendant la nuit du vendredi 7 au samedi 8 juillet 2017, des automobilistes ont découvert le corps d’un homme gisant dans son propre sang, sur le parking de la salle de réception le Lounge Garden sur la route du Guillaume, avant le rond-point pour se rendre au Maïdo. Il s’agissait de Julian Robert. Les témoins lui ont prodigué un massage cardiaque en attendant les secours. Malheureusement la victime a succombé à ses blessures.
L’un des deux témoins entendus hier a expliqué avoir voulu prendre son pouls mais n’avait rien senti, “on a vu qu’il était déjà mort”, déclare la deuxième personne entendue. La brigade scientifique a découvert 3 plaies, 2 au thorax et 1 autre à la tête. L’expertise médicale montrera en effet que le jeune homme est décédé d’au moins un traumatisme crânien et thoracique pénétrant, provoqué par un objet tranchant. Un des coups au torse aurait pu, à lui seul, entraîner sa mort.
Divers éléments ont permis de remonter jusqu’aux accusés, notamment une paire de lunettes de vue sans verres correcteurs sur lequel l’ADN de Joachim M. a été décelé. Les deux dalons reconnaissent avoir passé la soirée avec la victime au bar “Chez Johnny” au Port.
Zamal ou argent ?
Ils seraient ensuite partis chercher du zamal au Guillaume auprès d’une connaissance de Julian. Ne trouvant pas le fournisseur en question, Joachim demande à Julian de sortir, qui refuse. Il demande alors à Abdou de le faire sortir… de force, en l’empoignant pour l’étrangler. Dans le même temps, Joachim aurait sorti son couteau. Julian Robert aurait ainsi reçu au moins 3 coups de couteau d’une lame de plus de 12 cm. Ce dernier aurait apparement été donné par la victime quelques heures auparavant. Les deux mis en cause sont ensuite repartis, le laissant à terre, encore vivant. Ils s’étaient promis de garder le silence. Ils déclarent que la victime leur aurait jeté sa bouteille de bière. Or, les enquêteurs n’ont retrouvé aucun éclat de verre sur place.
Se cacherait également derrière ce meurtre une histoire d’argent. Julian Robert, bénéficiaire du RSA, aurait retiré sa totalité la nuit précédant les faits. On apprendra également qu’il aurait vendu une sono à 300 euros, ce qui ferait plus bien de 600 euros entre les mains. Bien qu’il ait payé de nombreux verres cette nuit-là, les sommes récupérées par les mises en cause (soit entre 20 et 40 euros) sont loin de coïncider. Les poches de la victime auraient également été fouillées. Mais l’enquête n’a pas pu déterminer combien de liquide Julian avait dans sa sacoche ce soir-là.
Bien que tous deux ont fini par confirmer leur présence sur les lieux, seul Joachim reconnaît avoir porté les coups de couteau “sans avoir voulu donner la mort”. Abdou, quant à lui. continue de nier les faits. Il confie même avoir tenté de les séparer.
Pour ce premier jour de procès, les deux premières témoins, ainsi que le directeur d’enquête, le médecin légiste et le papa de la victime ont été entendus. Selon ce dernier, Julian était une personne assez solitaire, il vivait seul dans les hauts de Saint-Paul. Il n’était pas bagarreur, mais il ne fallait pas le chercher car il savait se défendre. Or, il était déjà bien connu de la justice pour des faits de violence, de stupéfiants ou de conduite alcoolique. La nuit de son décès, il avait notamment 2,10g d’alcool par litre de sang ainsi que 11,08ng de THC par mL. Ce qui démontre qu’il aurait consommé du zamal très peu de temps avant. Le médecin légiste ajoute qu’il avait également consommé du Valium et de l’Artane.
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